Maria Patek, ministre de la durabilité : « la ceinture verte européenne est un projet-phare »

[EPA-EFE/FLORIAN WIESER]

Maria Patek, ministre autrichienne du Tourisme et de la Durabilité, défend d’arrache-pied le rôle de son pays dans le projet de ceinture verte européenne.

Maria Patek possède une vaste expérience gouvernementale. Elle a travaillé pour le ministère du Tourisme et de la Durabilité en tant que spécialiste de l’activité forestière, de la construction de barrages et de paravalanches. A la suite des élections du 29 septembre en Autriche, il n’est pas certain qu’elle conserve son poste au gouvernement.

Pourquoi  votre ministère est-il celui du « Tourisme et de la Durabilité », plutôt que de « l’Environnement » ?

Mon portefeuille couvre un large éventail de sujets, allant de l’agriculture, de l’activité forestière et de la gestion de l’eau jusqu’à l’environnement, le climat, le traitement des déchets, l’énergie, l’activité minière, la politique régionale et le tourisme. Lors de la réorganisation de 2018, nous avons opté pour un nom différent, plus apte à représenter la diversité des domaines que nous traitons.

Pour le gouvernement allemand, la ceinture  verte européenne fait partie du patrimoine naturel national. À ce titre, il la gère comme un projet phare destiné à la protection de la diversité biologique. En 2009, elle a même été inscrite dans la loi du pays sur la préservation de la nature. Qu’en est-il en Autriche ?

En Autriche, la ceinture verte constitue également un projet phare car elle recouvre 1200 km de territoire et de ressources naturelles, avec le lac Neusiedl, les plaines inondables de la Morava et de la Dyje, et la fôret de Bohème.

D’autres zones sont aussi protégées, notamment trois parcs nationaux (Neusiedler See-Seewinkel, Donau-Auen et Thayatal), dix parcs naturels transfrontaliers, de même que de nombreuses zones protégées du réseau Natura 2000. Sans oublier la réserve de biodiversité appelée Mur-Drava-Danube, classée par l’UNESCO. Elle s’étend sur 850 000 hectares situés le long de la partie inférieure de la Mur, à la frontière de la Styrie avec la Slovénie.

La Slovénie, la Croatie, la Hongrie et la Serbie sont également impliquées.  À l’inverse de l’Allemagne, l’Autriche ne dispose d’aucune loi fédérale sur la préservation de la nature, car cela constitue une prérogative des länder.

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Cependant, lorsqu’il s’agit de projets ayant une portée nationale, comme les parcs nationaux ou la ceinture verte, le gouvernement fédéral assume ses responsabilités. Il offre un soutien non-matériel et financier à ces projets et à aux institutions concernées.

Depuis 2005 déjà, « Das Grüne Band  Österreich » (la bande verte autrichienne) se trouve sous l’égide du ministère. Il continue aussi à financer les activités du National Focal Point et de Naturschutzbund Austria. Par le biais du département de l’environnement, il soutient aussi l’adhésion et la participation à l’association Ceinture verte.

L’agriculture intensive, y compris en Autriche, a été considérée comme un obstacle à la préservation de la ceinture verte. Quel est votre point de vue sur cette question ?

La déclaration dite d’Ilmitz, signée le 19 août 2019, expose clairement les principes de l’utilisation durable de nos ressources naturelles. Par le biais de ma signature et de celle des ministres de la protection de la nature des cinq États concernés (Haute-Autriche, Basse-Autriche, Burgenland, Styrie et Carinthie), un engagement a été pris. Celui de préserver un environnement naturel particulier et de poursuivre le développement d’une infrastructure verte.

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Il est essentiel de préserver l’enrichissement de la diversité biologique que nous avons obtenu et de mettre en place des projets raisonnables en matière d’infrastructure et de tourisme. Il est également essentiel de maintenir des méthodes de gestion durables.

La ceinture verte met 24 pays en réseau. Comment les États qui en font partie s’y prennent-ils pour se coordonner ? Autrement dit, comment font-ils  pour surmonter la barrière de la langue, les diverses législations, les intérêts et les moyens financiers différents ?

Dix conférences pan-européennes ont déjà été organisées, et de nombreux projets ont déjà été réalisés, y compris avec le soutien de l’Union internationale pour la conservation de la nature. La langue de travail est toujours l’anglais. Concernant les projets, les différences en matière de moyens financiers et de structures légales sont examinées avec soin. Il existe d’excellents dispositifs de soutien pour le développement rural au niveau de l’UE, notamment avec l’aide de programmes de financement tels qu’Interreg et LIFE.

Des rencontres régulières d’experts de préservation de la nature et des projets communs sont essentielles pour renforcer le sentiment d’unité. De plus, l’Association ceinture verte, où l’Autriche est aussi représentée, a été fondée en 2015. Son but est d’optimiser la structure et l’organisation de l’initiative et d’assurer que toutes les activités se déroulent au sein d’un cadre coordonné.

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