2018, année mi-figue mi-raisin pour le recyclage tricolore

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L’année 2018 s’avère globalement positive pour le recyclage français, avec une légère progression de 2 % des matières collectées en 2018, selon le bilan de la Fédération des entreprises du recyclage (Federec). Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Tirés par une activité industrielle et une consommation soutenues, les secteurs des textiles, bois, verre ainsi que les déchets organiques et du bâtiment ont plutôt bien tiré leur épingle du jeu l’an dernier. À contrario, les filières des plastiques, papiers-cartons, métaux ferreux et non-ferreux sont plus chancelantes.

Au total, 107 millions de tonnes de déchets ont été collectées en 2018, selon le bilan présenté par Federec. Soit 2 % de mieux que l’année précédente. Baisse des cours oblige, le chiffre d’affaires n’a pas suivi cette progression. S’élevant à 9 milliards d’euros, il affiche une très légère baisse de 1 %. « Derrière la forte activité de nos entreprises, l’an dernier, se cachent des difficultés croissantes à valoriser les matières recyclées sur les marchés nationaux et internationaux », résume Jean-Philippe Carpentier, président de la fédération.

L’interdiction des plastiques à usage unique se précise en France

Le projet de décret d’interdiction d’objets en plastique unique est mis en consultation jusqu’au 3 septembre sur le site du ministère de l’écologie. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Bonne année pour l’investissement

Bonne nouvelle, le secteur investit plus largement dans la modernisation des équipements, avec une enveloppe totale de 568 millions d’euros en 2018, en hausse de 6,3 %. La plupart des investissements se sont tournés vers le renouvellement des machines de tri et du matériel de collecte et vers l’agrandissement des locaux.

Concentration sans conséquence sur l’emploi

Deuxième tendance : le secteur poursuit sa concentration avec une baisse du nombre de sites exploités de 2 050 à 2 000 en 2018. Une évolution sans conséquence sur l’emploi qui enregistre une légère progression de 1,6 %. Fin 2018, les filières de recyclage employaient 28 810 salariés, dont 85 % en contrat à durée indéterminée.

Bien sûr, toutes les filières ne sont pas logées à la même enseigne. L’embellie est seulement au rendez-vous des secteurs du textile, dont la collecte des déchets progresse de 7,2 %, du bois (+6,5 %), ainsi que des déchets organiques (+2,9 %), du bâtiment (+2,7 %), et du verre (+2,4 %).

Dégringolade des papiers-cartons

En revanche, les papiers-cartons sont dans une situation catastrophique au niveau européen, avec une baisse en France de 4,5 % des volumes triés et revendus. « Fait nouveau, la baisse affecte aussi l’activité de recyclage des cartons, à hauteur de 4,1 %, avec 4,7 millions de tonnes de déchets collectés et triés en 2018 », observe Federec. Le prix du carton atteint son plus bas niveau depuis 10 ans.

Fragiles plastiques

Déjà fragile en 2017, la filière plastique reste aussi extrêmement tendue. Les volumes collectés restent stables (904 000 t, en hausse de 0,4 %) mais le chiffre d’affaires dégringole à 188 M€ (-4,5 %). En cause, la politique chinoise — étendue à l’Indonésie et aux Philippines — de restriction des importations de matières recyclées, qui accroît la difficulté de trouver des exutoires pour les plastiques triés. Une difficulté accrue par l’objectif de diviser par deux les volumes stockés, en particulier les refus de tri, d’ici à 2025. « La conséquence est que certaines installations de recyclage cessent leur activité faute de solution de prise en charge des refus de tri », souligne Jean-Philippe Carpentier, dont la fédération demande au gouvernement de faciliter les traitements alternatifs, dont la valorisation énergétique.

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