L’activité humaine à l’origine du déclin de 60% des espèces

Ester Asin : « Nous ne pouvons pas construire un avenir prospère pour l'Europe et ses citoyens sur une planète en ruine » [WWF European Policy Office / © Zymantas Morkvenas]

La manière dont les sociétés modernes alimentent humains, machines et systèmes financiers est en train de pousser l’écosystème au bord du précipice, menaçant ainsi les fondations de notre propre économie mondiale, affirme un rapport de WWF.

Selon l’indice « Living Planet » du WWF, les populations mondiales de poissons, d’oiseaux, de mammifères, d’amphibiens et de reptiles ont diminué de 60 % entre 1970 et 2014, les espèces d’eau douce accusant le plus durement le coup.

« Nous ne pouvons pas construire un avenir prospère pour l’Europe et ses citoyens sur une planète en ruine », prévient Ester Asin, directrice du bureau européen de la WWF. « Il faut donc que les programmes économiques et environnementaux convergent si nous voulons construire une Europe durable pour tous. »

Le rapport Living Planet a étudié près de 17 000 populations issues de 4 000 espèces de vertébrés depuis 1970. Lacs, rivières et zones humides sont les régions les plus gravement touchées par la surexploitation, et elles continuent de se détériorer à une vitesse vertigineuse. Les espèces endémiques y ont chuté de 83 % en 50 ans.

Bien que l’être humain, la nature et l’économie en dépendent, ces écosystèmes subissent la pression croissante de la pollution, des barrages et du besoin exponentiel en eau pour alimenter fermes et centrales hydrauliques, a déploré l’ONG.

Au niveau européen, le rapport attire particulièrement l’attention sur la directive-cadre sur l’eau, qui fait actuellement l’objet d’un « bilan d’aptitude ». WWF craint que la directive ne finisse par être diluée. Elle a donc lancé en prévision la campagne #ProtectWater pour tenter d’empêcher une révision éventuelle.

La France a échoué à protéger ses ressources en eau

L’association UFC-Que Choisir lance, ce 17 octobre, une nouvelle campagne de sensibilisation sur la dégradation de la qualité des rivières et des nappes françaises, liée à l’essor de l’agriculture intensive. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

En effet, WWF considère cette directive comme « l’une des législations environnementales les plus progressistes de l’UE à ce jour », rappelant son rôle vital dans la protection des rivières, lacs, eaux souterraines et zones humides de l’Europe contre la surexploitation.

Plus généralement, WWF demande à Bruxelles de tenir compte du réchauffement climatique et de la biodiversité dans les secteurs économiques clés, notamment dans les politiques liées à l’agriculture, au développement des infrastructures, au climat et à l’énergie.

« Les prochaines élections européennes et le renouvellement des principaux organes de décision sont l’occasion rêvée pour l’Europe de renouer avec sa réputation de modèle international en matière d’écologie », estime Ester Asin.

« L’Europe doit montrer l’exemple en adoptant une stratégie ambitieuse de la biodiversité pour 2020, et en intégrant ces questions dans toutes les politiques sectorielles où il le faudra », a plaidé la directrice du bureau européen de la WWF.

Le Danemark perce le secret de la consommation d’eau sans énergie

Grâce à ses politiques rigoureuses, le Danemark a réussi à dépasser le lien en apparence indissociable entre consommation d’eau et dépense d’énergie. La mise en place du modèle danois au niveau européen ne s’annonce cependant pas facile.

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