Alerte sur les objectifs de développement durable : le G20 ne joue pas le jeu

shutterstock_730184551 [NicoElNino]

À l’exception des pays Scandinaves, les pays à hauts revenus sont en train de rater les objectifs fixés il y a 3 ans par l’ONU. Qu’il s’agisse des objectifs environnementaux ou des pratiques de consommation et de production, rien ne bouge.

La route est encore longue vers le développement durable. Trois ans après l’adoption des objectifs de développement durable (ODD) par les membres des Nations Unies, la fondation Bertelsmann et le Réseau des solutions pour le développement durable (SDNS) dressent un tableau mitigé de la réalisation de ces objectifs dans leur classement annuel.

Sans surprise, les pays de l’OCDE caracolent en tête du classement de réalisation des ODD en tenant les vingt premiers rangs. La Suède, le Danemark et la Finlande enregistrent les meilleurs scores, avec des taux de réalisation des ODD supérieurs à 83 %.

Mais comme le soulignent les auteurs du rapport, les pays à hauts revenus restent encore loin de compléter ces objectifs. « Même les pays avec de bons résultats sur l’indice obtiennent un score nettement inférieur à celui maximal de 100 », ce dernier signifiant la réalisation complète des objectifs de développement durable.

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Les pays de l’OCDE peinent sur quatre objectifs liés au développement de pratiques de consommation et de production responsables, la lutte contre le changement climatique, la préservation des écosystèmes terrestres et marins. Ils sont par ailleurs à l’origine d’importants effets secondaires négatifs, tels que la pollution, qui impactent les autres pays et « minent [leurs] efforts pour atteindre les objectifs de développement durable ».

Après le greenwashing, attention au devwashing

Après l’éco-développement ou la croissance verte, la mode est aux objectifs de développement durable (ODD). C’est le dernier concept à faire l’objet de « greenwashing », ou « devwashing » : la Commission européenne délègue leur prise en compte à son service de statistiques.

Concernant les pays en développement, le rapport note que « la plupart ont connu des progrès importants sur la réduction de l’extrême pauvreté sous toutes ses formes ». La situation s’est néanmoins dégradée sur l’enjeu de la pauvreté et de la faim dans certains pays, en particulier ceux où se déroulent des conflits.

Efforts contrastés des gouvernements

« Compléter les ODD demandera de profondes transformations (…). Ces transformations exigent un engagement fort du gouvernement, en partenariat avec les entreprises et la société civile », insistent Aart de Geus et Jeffrey Sachs, respectivement président de la fondation Bertelsmann et directeur du SDSN, dans l’avant-propos du rapport présentant le classement.

Nouveauté de l’édition 2018, des indicateurs sur l’engagement gouvernemental pour la réalisation des ODD ont été ajoutés pour les pays membres du G20. Et là encore les contrastes sont forts, bien que « presque tous les pays du G20 [aient] entrepris des actions pour mettre en application les ODD ».

Certains pays comme le Brésil, l’Italie et le Mexique ont ainsi fortement institutionnalisé la mise en oeuvre des ODD, au travers de plans d’action, de stratégies et d’unités de coordination dédiées au sein du gouvernement.

Au contraire, dans des pays comme la Russie ou les États-Unis, l’engagement politique pour ces objectifs a été moins présent, comme le montre « l’absence de déclaration du chef d’État sur la manière dont le pays prévoit de mettre en œuvre les ODD ».

De manière générale, le rapport note des insuffisances sur certaines dimensions importantes de la mise en œuvre des ODD de la part des États membres du G20, en particulier sur les mécanismes de contrôle de cette mise en œuvre ou encore sur leur intégration efficace aux budgets nationaux (au travers d’examen des dépenses et d’attribution des fonds en fonction des résultats par exemple).

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