Au Royaume-Uni, l’huile de palme futur ingrédient des billets de banque

La banque d'Angleterre doit arrêter la consultation publique le 12 mai prochain et donner sa décision l'été prochain sur le matériau qu'elle va utiliser pour les futurs billets de banque. [Claudio Divizia/Shutterstock]

La banque d’Angleterre envisage d’utiliser de l’huile de palme pour la fabrication de nouveaux billets. Mais l’usage de ce matériau à l’origine de dégâts écologiques suscite déjà de nombreux débats outre-Manche. Un article de notre partenaire La Tribune.

Les difficultés s’accumulent pour la banque d’Angleterre. L’établissement étudie actuellement différents matériaux pour remplacer la graisse animale présente dans les billets de banque.

Cette révélation avait suscité le mécontentement des vegans et des groupes religieux à l’automne dernier. Mais l’institution pourrait réveiller la colère des ONG engagées dans les causes environnementales. En effet, la seule matière alternative valable serait « des additifs issus de l’huile de palme ».

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Une consultation publique

À la suite de la polémique sur les graisses animales contenues dans les billets et du succès de la pétition qui avait recueilli plus de 135.000 signatures outre-Manche, la banque d’Angleterre a annoncé dans un communiqué en février dernier une consultation publique lancée la semaine dernière (disponible ici) sur les futurs matériaux à utiliser.

« La Banque d’Angleterre est en train de mener une consultation qui cherche à obtenir les points de vue de l’opinion publique sur les options concernant la composition des futurs billets. Cela permettra à la banque de mieux comprendre la position des citoyens. »

La consultation proposait alors des matériaux comme l’huile de coco ou l’huile de palme sans réellement afficher de préférence. Mais les deux seules firmes, qui peuvent répondre à l’appel d’offres, à savoir Innovia Security et De La Rue, ont indiqué que « la seule alternative au suif (substance utilisée notamment dans les savons) pour un matériau d’origine végétale était l’huile de palme » comme le rapporte le Financial Times.

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Un début de polémique ?

À la suite de cette annonce, l’institution financière a affirmé que : « La Banque devra réfléchir à toutes les considérations relatives à la diversité religieuse, éthique et environnementale soulevées par l’utilisation des graisses animales et de l’huile de palme comme alternative » ajoutant qu’elle « était consciente du coût environnemental potentiel de l’usage de l’huile de palme ».

Malgré ces précautions, la future décision pourrait provoquer de nombreuses réactions et oppositions. En effet, le cabinet d’études et de conseils spécialisé dans l’agriculture et les forêts durables Efeca a rappelé dans les colonnes du Guardian et dans un rapport publié le 28 mars dernier que la production d’huile de palme avait un impact considérable sur la déforestation dans le monde.

La banque d’Angleterre a également entamé des discussions avec une coalition d’ONG environnementales et plus particulièrement WWF, qui estime que « l’huile de palme serait la source la plus efficace parmi les huiles d’origine végétale, et pourrait être la source la moins dégradante pour l’environnement si elle est produite de manière durable. Cependant, une production non durable d’huile de palme pourrait mener à la destruction de forêts, avec des impacts négatifs significatifs sur la vie naturelle et sur les populations indigènes ».

En attendant la fin de la consultation publique le 12 mai prochain et la décision prévue à l’été prochain, Doug Maw, à l’origine de la pétition à succès précitée, encourage les citoyens à participer au débat et exprimer leur position sur l’usage de l’huile de palme pour le papier-monnaie.

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