À Bruxelles, les transports publics restent payants malgré le pic de pollution

À Bruxelles, la qualité de l’air atteint des niveaux critiques, mais pas assez longtemps pour que les transports soient gratuits. [Photo: Shutterstock]

Les particules fines ont dépassé le seuil d’alerte, mais les transports publics bruxellois sont restés payants, en dépit de la promesse des autorités d’instaurer la gratuité en cas de pic de pollution.

Les normes de qualité de l’air prévoient que les autorités informent les résidents quand le taux de particules fines dépasse les 50 microgrammes par mètre cube, afin que ceux-ci puissent adapter leur comportement et leurs activités.

La Cellule interrégionale de l’environnement (CELINE) a annoncé que les relevés avaient atteint les 51g/m3 à Bruxelles, 60g/m3 en Wallonie et 63g/m3 en Flandre. Les émissions liées au transport, à l’industrie et à la combustion de bois de chauffage comptent parmi les principales causes identifiées. Les habitants sont encouragés à éviter toute activité sportive intense à l’extérieur, à ne pas utiliser la voiture, et à diminuer leur chauffage dans la mesure du possible. Les particules PM10 peuvent être à l’origine de cancers, d’allergies et d’autres problèmes de santé.

L’année dernière, le gouvernement de la région bruxelloise avait adopté un arrêté prévoyant l’application, en dernier recours, de la gratuité des transports publics quand la qualité de l’air atteint des niveaux critiques pendant une longue période. Bien que le taux de pollution de jeudi ait dépassé le seuil prévoyant la gratuité des transports, la pollution de l’air n’a pas duré assez longtemps pour que la mesure puisse être mise en place.

La porte-parole de la Société de transports intercommunaux de Bruxelles (STIB) a indiqué que les niveaux de pollution de jeudi ont seulement permis d’activer le niveau 1 du plan d’urgence qui en comporte quatre. Pour que les transports publics et les vélos de partage soient gratuits, la pollution de l’air doit dépasser 24 heures. La pluie et le vent de vendredi ont permis à la pollution de se disperser et de descendre en dessous de 51g/m3.

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Action en justice

Un avocat général de la Cour européenne de justice a déclaré que les juridictions nationales devaient s’assurer de la présence de stations de contrôle dans les zones hautement touchées par la pollution atmosphérique.

En 2016, des citoyens avaient porté plainte contre la région bruxelloise avec l’association ClientEarth. Les demandeurs soutiennent que la capitale de l’UE ne respecte pas les limites fixées par la législation européenne et ont demandé une intervention juridique. L’avocate générale Juliane Kokott a recommandé aux juges d’autoriser les tribunaux nationaux à ordonner l’établissement de station de contrôle à certains endroits.

Les militants pour la qualité de l’air à Bruxelles soutiennent que la capitale ne contrôle pas correctement la qualité de l’air sur ces axes routiers principaux et que certains relevés négatifs ne sont pas pris en compte. Les relevés disponibles sont souvent le résultat d’une moyenne de plusieurs relevés pris dans l’ensemble de la région, alors que les relevés individuels dépassent souvent les limites fixées pour des polluants tels que les dioxydes de soufre et d’azote.

Selon l’avocat de ClientEart, Ugo Taddei, « les autorités bruxelloises manquent depuis trop longtemps à leurs obligations légales. Elles ne devraient pas pouvoir s’en sortir sous prétexte que les juridictions ne sont pas compétentes. »

Une décision de la Cour européenne de justice est attendue pour les prochains mois.

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