Bruxelles s’attaque aux objets en plastique jetables

shutterstock_595022984 [Teerasak Ladnongkhun, shutterstock]

La Commission européenne envisage d’interdire plusieurs produits en plastique à usage unique, selon le Bureau européen de l’environnement (BEE). Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Bruxelles a décidé de passer à la vitesse supérieure contre la pollution plastique. Après avoir présenté, en janvier, les grandes lignes de sa stratégie plastique, visant 100 % d’emballages réutilisables et recyclables en 2030 (objectif non contraignant), elle a décidé de remonter à la source en formulant une proposition de directive visant à interdire plusieurs produits en plastique à usage unique. Aujourd’hui, environ 80 % des déchets marins sont issus d’objets plastiques, dont 50 % à usage unique et 27 % liés à la pêche et à l’aquaculture.

La Commission se dote d’une stratégie sur le plastique

La Commission européenne a présenté une stratégie sur le plastique très attendue, afin d’établir une approche commune à la production et à la pollution au plastique pour les années à venir.

Adieu cotons-tiges, pailles et couverts

Selon le texte publié le 27 avril par le site Politico, Bruxelles a classifié les produits à usage unique les plus utilisés en quatre catégories, selon l’existence d’alternatives moins nocives pour l’environnement marin. L’exécutif européen propose ainsi d’interdire, dans tous les États membres, les produits en plastique suivants, regroupés dans la partie B de l’annexe : cotons-tiges, fourchettes, couteaux, cuillères, baguettes, assiettes, pailles, agitateurs de boisson, et bâtons de ballon (tout mécanisme conçu pour être attaché et soutenir un ballon utilisé comme jouet ou comme élément de décoration, NDLR).

Boîtes alimentaires et gobelets : des mesures à la carte

Dans la partie A de l’annexe, la Commission liste les produits qui doivent faire l’objet de mesures visant à réduire leur consommation, dans les six ans suivant l’entrée en vigueur de la directive. Si les États membres conservent la liberté de leur stratégie, Bruxelles cite en exemple la fixation d’un pourcentage minimum d’emballages réutilisables mis sur le marché. Il s’agit des contenants alimentaires tels que les boîtes (avec ou sans couvercle) renfermant des aliments prêts à être consommés sans préparation. Ce qui inclut les boîtes utilisées dans la restauration rapide, mais exclut les assiettes, les paquets et les autres emballages contenant des aliments. La directive vise aussi les gobelets en plastique jetables utilisés pour les boissons.

Les fabricants passent à la caisse

En partie C de l’annexe, se trouvent les produits qui devront être couverts par une filière à responsabilité élargie du producteur (REP), pour obliger leurs fabricants à payer les coûts de la collecte des déchets, leur transport, leur traitement, ainsi que le nettoyage des plages. Bruxelles vise de nouveau les contenants alimentaires de l’annexe A, et y ajoute tous les paquets et emballages alimentaires en matériau souple, les emballages de boissons (capsules et couvercles compris), les tasses, les cigarettes et les filtres vendus séparément, les serviettes hygiéniques, tampons et applicateurs, les lingettes préhumidifiées, domestiques et industrielles, les ballons utilisés comme jouets ou éléments de décoration, ainsi que les équipements de pêche.

Les emballages alimentaires snobent le plastique recyclé

Tetra Pak, l’omniscient fabricant d’emballage suédois, n’utilise pas de plastique recyclé en contact avec les aliments. De nouvelles règles européennes pourraient cependant le pousser à se jeter à l’eau.

90 % de bouteilles collectées en 2025

Selon la proposition de directive, les emballages de boissons à usage unique devront aussi être fabriqués de telle sorte que leur bouchon ou couvercle reste attaché au produit pendant l’utilisation du produit, de façon à ne pas créer de déchets séparés. Autre mesure : les États membres devront s’assurer que 90 % des bouteilles en plastique à usage unique soient collectées d’ici 2025. Bruxelles ajoute que ces nouvelles dispositions devront s’accompagner de sanctions « effectives, proportionnées et dissuasives »en cas de non-respect.

Les Européens devront recycler plus de la moitié de leurs déchets d’ici 2025

Les ménages et les entreprises européennes devront recycler au moins 55 % de leurs déchets municipaux d’ici 2025.

Étiquetage obligatoire

Enfin, les produits de l’annexe D devront afficher, « de façon lisible et indélébile », une information sur les impacts environnementaux de leurs déchets, de façon à sensibiliser les consommateurs. Sont visés : les serviettes hygiéniques, tampons, et applicateurs, les lingettes préhumidifiées, domestiques et industrielles, ainsi que les ballons utilisés comme jouets et éléments de décoration.

Selon le BEE, Bruxelles devrait présenter cette proposition avant l’été. Le premier pas d’un long chemin, qui se poursuivra au Parlement et au Conseil européen. Si elle se félicite de ces nouvelles mesures, la fédération d’ONG souligne un oubli de taille : responsables de maladies chroniques, les produits chimiques utilisés dans les bouteilles et les emballages alimentaires, comme les phtalates et le bisphénol A, restent autorisés.

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