Le Danemark dénonce une injustice dans la lutte contre la pollution de l’air

L'ammoniac est le principal polluant atmosphérique issu de l'agriculture. Il est notamment lié à l'utilisation d'engrais. [Shutterstock]

Copenhague, qui a pris des mesures contre la pollution de l’air avant ses voisins, s’indigne du nouvel objectif fixé par l’UE, qui réclame un nouvel effort « disproportionné » au pays.

Être vertueux n’est pas toujours une technique gagnante au niveau européen, comme vient de le découvrir le Danemark. Depuis plus de 40 ans, Copenhague a endossé un rôle de précurseur de la lutte contre la pollution de l’air, et a notamment pris des mesures précoces pour limiter les émissions de gaz ammoniac du secteur agricole. Le pays scandinave estime aujourd’hui être puni  en raison du succès de ses politiques.

Le 17 juillet, les ministres de l’Environnement des 28 États membres ont en effet adopté un amendement au protocole de Gôtenborg, signé en 1999 pour limiter les émissions de polluants atmosphériques dans le monde. Le Danemark a voté contre cet amendement, qu’il juge « extrêmement injuste ».

Cette révision du protocole prévoit les objectifs de réduction suivants pour 2020 : dioxyde de soufre -59 %, oxydes d’azote -42 %, ammoniac -6 %, composés organiques volatils -28 % et particules fines -22 %. Ces objectifs sont fixés pour l’ensemble de l’UE. Les efforts sont ensuite répartis entre les pays, et le Danemark s’est vu assigner un objectif ambitieux, avec une réduction des émissions liées à l’ammoniac de 24 % par rapport à 2005.

« Le Danemark a commencé très tôt à prendre des mesures importantes de réduction des émissions d’ammoniac dans le secteur agricole », souligne la délégation danoise dans un communiqué attaché à la décision du Conseil. « En outre, depuis des années, le Danemark a opté pour des objectifs de réduction des émissions d’ammoniac bien plus élevés que ceux de nombreux autres États membres. »

« Dans ce contexte, le Danemark estime que l’objectif de réduction de 24 % supplémentaire par rapport aux émissions de 2005 d’ici 2020 est extrêmement injuste », insiste la délégation, qui indique qu’étant donné les efforts déjà consentis par le Danemark à ce sujet, la réduction supplémentaire devient dans son cas « disproportionnée ».

La réduction des émissions agricoles s'annonce complexe en UE

Edition spéciale. Les efforts pour limiter les émissions du secteur agricole, néfastes pour l’environnement et la santé humaine, risquent de faire face à une opposition féroce et à d’âpres négociations avant d’entrer dans la loi européenne.

L’an dernier, l’UE a en effet approuvé une nouvelle réglementation pour diminuer de moitié les décès liés à la pollution de l’air d’ici 2030. Celle-ci vise les oxydes d’azote (NOx), le dioxyde de soufre (SO2), l’ammoniac (NH3) et les composés organiques volatils, ce qui oblige donc également les États membres à limiter l’exposition des citoyens aux particules fines. L’ammoniac, un gaz qui se dégage des champs traités aux engrais et des déjections animales, est le principal polluant atmosphérique produit par l’agriculture.

La première version de la révision de la directive contenait également de nouvelles limites pour le méthane, un gaz à effet de serre très puissant, mais une campagne de lobbying d’envergure lancée par le secteur agricole est venue à bout de cette ambition. Le méthane est notamment produit par les animaux.

L’UE veut diviser par deux la mortalité liée à la pollution

Le Conseil et le Parlement européen ont enfin trouvé, jeudi 30 juin, un accord sur la révision de la directive relative aux plafonds nationaux d’émission. Son objectif: réduire la mortalité de 49,6% d’ici 2030. Un article de notre partenaire Le Journal de l’environnement.