Les Européens devront recycler plus de la moitié de leurs déchets d’ici 2025

Ce nouveau paquet introduit de nouvelles obligations. Par exemple, les textiles et les produits dangereux des ménages devront être collectés séparément d’ici 2025. [Eli Duke/Flickr]

Les ménages et les entreprises européennes devront recycler au moins 55 % de leurs déchets municipaux d’ici 2025.

Le nouveau paquet « déchets », adopté par le Parlement européen le 18 avril, révise une série de directives convenues avec les États membres afin d’améliorer les « caractéristiques vertes » de l’économie européenne. Après le vote en plénière du Parlement, le Conseil devra donner son accord final.

En 2014, l’Union a produit 2,5 milliards de tonnes de déchets, dont un tiers provenant du secteur de la construction contre seulement 8 % de la consommation des ménages.

Les États membres sont bien inégaux face à la gestion des déchets : seuls 8 % des déchets ménagers sont recyclés à Malte, alors qu’en Allemagne, ce chiffre atteint 66 %. Cependant, dans l’ensemble, les Européens recyclent davantage. À titre d’exemple, les pays de l’Europe occidentale ont recyclé 55,6 % de leurs emballages en 2004 contre 67,8 % en 2013.

L'UE s’accorde sur de nouveaux objectifs de recyclage

Après de longues négociations, les négociateurs du Parlement, du Conseil et de la Commission sont parvenus à un accord sur un paquet législatif dédié aux déchets.

Le paquet législatif comprend une proposition relative aux emballages et aux déchets d’emballages, à la mise en décharge des déchets, aux véhicules hors d’usage, aux piles usagées et aux déchets d’équipements électroniques et électriques.

Au cours des longues négociations avec le Conseil, les eurodéputés ont milité pour des objectifs plus ambitieux pour le recyclage des emballages et pour leur mise en décharge.

Objectifs spécifiques

Le texte adopté par le Parlement prévoit que d’ici 2025, 55 % des déchets « municipaux » (produits par les ménages et les entreprises) devront être recyclés, 60 % d’ici 2030 et enfin 65 % d’ici 2035. De plus, le paquet législatif se penche sur des objectifs spécifiques pour différents matériaux d’emballage –  notamment le papier, le carton, le plastique, le verre, le métal et le bois.

L'exécutif européen veut se débarasser des plastiques à usage unique

La Commission européenne veut évincer les plastiques à usage unique. L’industrie et la société civile ne sont pas d’accord sur l’objectif principal que devrait poursuivre cette stratégie très attendue.

D’ici 2035, la quantité de déchets municipaux mis en décharge doit être ramenée à 10 % ou moins de la quantité totale de déchets produits.

À cet égard, les différences actuelles entre les États membres sont frappantes. La plupart des déchets produits en Autriche, Belgique, Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Finlande et Suède ne sont pas mis en décharge. En revanche, Malte jette la quasi-totalité de ses déchets (92 %), et Chypre, la Grèce et la Roumanie, plus de 80 %.

Simona Bonafe, la rapporteure du Parlement européen, estime qu’il s’agit d’une « grande victoire » pour l’Europe, mais que le « défi est plus ambitieux » encore, car il faut changer le modèle économique linéaire – où les consommateurs jettent leurs déchets – en une économie circulaire où les matériaux sont recyclés.

L’Union veut se positionner comme chef de file mondial de cette économie circulaire, qui privilégie le maintien des produits, matériaux et ressources le plus longtemps possible dans l’économie.

Nouveaux objectifs

Ce nouveau paquet introduit de nouvelles obligations. Par exemple, les textiles et les produits dangereux des ménages devront être collectés séparément d’ici 2025. D’ici 2024, les déchets biodégradables devront soit être collectés séparément, soit recyclés à domicile par compostage.

L’UE souhaite également réduire les déchets alimentaires de 30 % d’ici 2025 et de 50 % d’ici 2030. Pour atteindre cet objectif, les États membres devront encourager la collecte des denrées alimentaires invendues et leur redistribution.

De plus, la distinction entre « à consommer jusqu’au » et « à consommer de préférence avant » doit être plus claire, selon les eurodéputés.

Les États membres bloquent mystérieusement la lutte contre le gaspillage alimentaire

Les États membres refusent toutes les propositions du Parlement sur les objectifs de réduction du gaspillage alimentaire, faisant patiner les discussions sur l’économie circulaire.

Réactions

Plusieurs organisations environnementales ont salué ce paquet législatif.

Mauro Anastasio, du Bureau européen de l’environnement (BEE), affirme que les nouvelles règles « auraient pu être plus ambitieuses, mais le succès de leur mise en place permettra aux gouvernements de consolider cette avancée, ce qui sera avantageux pour la population et à la société dans son ensemble ».

Le BEE félicite les Pays-Bas, la Suède, l’Autriche et la Belgique pour  avoir renforcé les normes durant le processus d’élaboration de trois ans. Cependant, le BEE déplore le fait que l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Portugal, la Hongrie et la République tchèque ont revu à la baisse les objectifs du paquet déchets.

L’organisation regrette également que les nouvelles règles n’encouragent pas l’utilisation de technologies  réduisant la pollution issue de l’incinération des déchets.

EUROPEN, une organisation qui regroupe des multinationales du secteur de l’emballage, a félicité l’adoption d’exigences minimales dans la législation sur le recyclage des emballages. « Cela permettra d’augmenter la transparence, la rentabilité, la responsabilité et l’application des obligations liées à la responsabilité du producteur à l’échelle nationale », a déclaré son président, Hans van Bochove, de Coca-Cola European Partners.

« Nous regrettons toutefois les obligations financières encore floues des producteurs, qui pourraient être étendues au-delà des rôles et responsabilités des producteurs à l’échelle nationale. »

Subscribe to our newsletters

Subscribe