La lutte contre le plastique s’accélère en France et aux Pays-Bas

Brune Poirson et Stientje Van Veldhoven. [Photo: French Perm Rep]

Alors que la lutte contre les déchets plastiques est devenue une priorité politique en Europe, la France et les Pays-Bas ont  chacun lancé des stratégies nationales pour aller plus loin que l’UE.

Fin février, la France et les Pays-Bas ont lancé par coïncidence, le même jour, des plans nationaux distincts pour améliorer l’utilisation des emballages plastiques. Ces deux projets s’articulent autour d’engagements volontaires de la part d’entreprises privées et de la promotion d’une « coalition des volontaires ». Parmi les signataires figurent le géant laitier néerlandais FrieslandCampina et les multinationales Carrefour, Coca-Cola Europe et Danone.

Dans le plan néerlandais, les signataires s’engagent à faire en sorte qu’au moins 70 % des emballages plastiques à usage unique soient recyclés, ainsi qu’un objectif de réduction de 20 % de la consommation de plastique d’ici 2025. Le pacte français vise quant à lui à rendre tous les emballages réutilisables, recyclables ou compostables, avec le même calendrier.

Les pactes prévoient également l’obligation de veiller à l’utilisation du plastique recyclé dans les nouveaux produits, des mesures de sensibilisation et l’établissement d’une liste des « articles problématiques ou inutiles ».

Face à cette volonté commune, les deux gouvernements se sont rapprochés. Une manifestation a été organisée par la représentation permanente des Pays-Bas auprès de l’UE à Bruxelles le 5 avril. Durant cet événement, les secrétaires d’État à la durabilité Brune Poirson et Stientje Van Veldhoven ont expliqué comment leurs pactes respectifs vont évoluer.

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« Depuis le tout début, l’idée n’est pas seulement de lancer une initiative franco-néerlandaise, mais de créer une coalition des volontaires au sein des gouvernements européens et du secteur privé », a déclaré Stientje Van Veldhoven.

Les représentants de 11 pays différents se sont joints à l’événement organisé aux Pays-Bas et une « déclaration européenne commune public-privé sur les plastiques » devrait voir le jour à l’automne, avant un sommet plastiques en bonne et due forme début 2020.

Ce sommet devrait permettre de faire un bilan complet de la question des plastiques et de transmettre les conclusions à la nouvelle Commission européenne, afin que l’exécutif européen puisse élaborer son programme de travail en conséquence.

« Nous voulons montrer que nous pouvons traduire la législation existante en des choses très concrètes et tangibles que nos citoyens peuvent voir et mettre en place un point de départ égal au niveau européen », a indiqué Brune Poirson.

L’UE a récemment adopté de nouvelles règles visant à limiter l’utilisation de certains plastiques à usage unique, notamment les couverts jetables, les touillettes et les bâtonnets soutenant les ballons de baudruche. La nouvelle législation devrait recevoir le feu vert final du Conseil cette semaine.

Un accord express pour mettre les coton-tige hors-la-loi

En moins d’un an, Parlement, Conseil et Commission se sont mis d’accord pour se débarrasser des plastiques à usage unique. Un record.

 

Lors de l’élaboration de leurs pactes, Paris et La Haye ont fait appel à des ONG, érigées au rôle d’« intermédiaires de confiance » et censées s’assurer que les objectifs soient « réalistes, mais aussi ambitieux ».

Lorsque la France et les Pays-Bas ont publié leurs plans pour la première fois, certains groupes de défense de l’environnement ont estimé que le caractère volontaire de ces engagements serait leur perte. La même critique avait été adressée à la stratégie européenne début 2018.

« Certains diront que n’avoir que les volontaires ne suffit pas, mais je ne suis pas d’accord, car ce système nous donne un outil pour montrer du doigt et même faire honte aux entreprises qui ne se joignent pas au mouvement », a insisté la secrétaire d’État française. « Se concentrer sur les entreprises qui souhaitent coopérer n’est pas naïfs, nous le faisons pour montrer aux autres entreprises qu’elles ne sont pas assez ambitieuses. »

De son côté, le plan néerlandais « va bien sûr au-delà de ce que prévoient les règles européennes », explique Stientje Van Veldhoven. « Soit il va plus loin, soit il va plus vite. »

En vertu de la directive-cadre révisée sur les déchets, tous les États membres doivent atteindre un objectif de recyclage des plastiques de 50 % d’ici 2025. Le pacte français prévoit par exemple un recyclage de 60 % d’ici 2022.

Les deux secrétaires d’État ont souligné le caractère urgent de l’action, citant la découverte d’une baleine morte avec 22 kg de plastique dans l’estomac au large des côtes italiennes la semaine dernière, qui montre bien que la pollution plastique fait déjà des ravages.

« Je reçois des lettres d’écoliers à ce sujet. Ils ne veulent pas que les oiseaux de mer s’étouffent ou que les baleines meurent à cause du plastique. C’est l’un de ces problèmes qui, nous l’espérons, rejoindront les rangs du trou dans la couche d’ozone, des pluies acides et ainsi de suite », a déclaré Stientje Van Veldhoven.

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Le gouvernement britannique a publié, le 18 décembre, sa stratégie d’économie circulaire. Objectifs : réduire la production de déchets, en particulier de matières plastiques. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

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