Les quotas inutilisés pèsent sur le marché européen du carbone

Alors que les centrales à charbon ferment à travers toute l’Europe, des quotas carbone inutilisés s’accumulent peu à peu sur le marché européen d’échange des droits d’émission, créant une bulle qui pourrait faire s’effondrer les prix du CO2.

Près de 2,22 milliards de quotas carbone seront disponibles sur le marché en 2030 en raison de la mise en œuvre des plans de sortie du charbon, selon une étude de Carbon Market Watch, une ONG spécialiste de la politique des prix du carbone.

Plus de la moitié devraient provenir d’Allemagne, qui s’est engagée à fermer la totalité de ses centrales à charbon en 2038 au plus tard.

L'Allemagne espère sortir du charbon sans casse sociale

Après huit mois de négociations et un rapport déjà retardé une fois, la commission allemande sur la sortie du charbon a présenté son plan de sortie du charbon à l’horizon 2038. Euractiv Allemagne se penche sur le texte.

Si rien n’est fait, les pays européens continueront à proposer aux enchères des permis pour des centrales électriques qui ne sont plus en fonction, créant une bulle qui pourrait faire s’effondrer les prix du CO2, prévient Carbon Market Watch.

Le prix des quotas carbone sur le marché européen d’échange des droits d’émission s’élève actuellement à 26-27 € par tonne de CO2, sur la base des réformes approuvées l’an passé, après des années de stagnation en-dessous des 10€. Un prix supérieur à 30€ par tonne est jugé nécessaire pour stimuler les investissements dans les technologies propres.

« Le marché européen d’échange des droits d’émission se relève à peine après une décennie d’absurdités, mais le travail des responsables politiques est loin d’être terminé », affirme Gilles Dufrasne, chargé de mission à Carbon Market Watch.

Les gouvernements européens peuvent empêcher la formation de cette bulle en supprimant les permis de polluer inutilisés à mesure que les centrales à charbon ferment, avance Carbon Market Watch. La Commission européenne pourrait aussi renforcer la réserve de stabilité du marché (RSM) liée au marché européen d’échange des droits d’émission. Elle pourrait supprimer automatiquement les quotas d’émissions qui y sont stockés depuis plus de cinq ans.

Faute de quoi le marché sera saturé par un surplus de quotas, permettant aux pollueurs tels que les compagnies aériennes et l’industrie lourde d’augmenter leurs propres émissions à prix cassé.

«Tarifer la pollution est un outil essentiel pour l’élimination progressive du charbon, qui s’avère cruciale pour l’Europe », ajoute Gilles Dufrasne. « Mais si le surplus de permis de polluer n’est pas retiré du marché, cela servira uniquement à déplacer les émissions des centrales à charbon vers les compagnies aériennes et l’industrie », souligne-t-il dans un communiqué.

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