Un Brexit dur pourrait handicaper le traitement des déchets au Royaume-Uni

Cargaisons de déchets [Shutterstock]

Dans la situation d’un « hard Brexit », le Royaume-Uni pourrait faire face à un « potentiel scénario catastrophe » qui pourrait aggraver le manque d’infrastructure de traitement des déchets sur les dix prochaines années, estime l’entreprise Suez. Un article du partenaire d’Euractiv, Edie.net.

Suez, qui traite environ 10 millions de tonnes de déchets britanniques chaque année, affirme que le Royaume-Uni se dirige vers une « grave pénurie » de centrales électriques à base de déchets, qui remplacent les décharges en tant que solution privilégiée pour les déchets non recyclables et résiduels.

Selon un rapport de l’entreprise, qui examine l’état des capacités de traitement des déchets du Royaume-Uni jusqu’en 2030, les décharges sont en train de fermer plus rapidement que prévu, ce qui crée un manque de près de 14 millions de tonnes de capacités de traitement dans le pays.

D’après Suez, un Hard Brexit aggraverait cette faille puisque les déchets exportés seraient « rapidement renvoyés vers le Royaume-Uni » à cause de la complexité des droits à l’exportation, des taux d’échange peu favorables et de politiques conflictuelles.

« Nos prévisions montrent qu’il existe un manque cruel et à long terme d’infrastructure de traitement des déchets et un potentiel scénario catastrophe plane sur le Royaume-Uni en cas de ‘hard Brexit’ », explique David Palmer-Jones, directeur exécutif de Suez.

« Des frontières hermétiques, des droits à l’importation et un livre sterling en berne rendront l’exportation de déchets vers l’Europe, ce dont dépend toujours le Royaume-Uni, financièrement non viable. Par conséquent, les déchets que nous exportons actuellement en l’absence de centrales fonctionnant à base de déchets seront réexpédiés dans les décharges britanniques restantes et couteuses – à un coût élevé pour les entreprises, les contribuables et l’environnement.

Suez devrait publier son rapport « Mind the Gap » en septembre, mais a déjà publié d’importantes conclusions en avant-première « puisqu’il n’y a pas de temps à perdre ». L’entreprise appelle le gouvernement à prendre bonne note de ses recommandations.

Actuellement, environ 70 millions de tonnes de déchets ménagers et de déchets industriels et commerciaux non dangereux sont jetées chaque année. À cause de la fermeture des décharges et du manque de centrales électriques à base de déchets, Suez estime que plus de trois millions de tonnes de déchets britanniques sont exportées en Europe pour être traitées.

L’Europe produit de plus en plus de déchets dangereux

L’Agence européenne de l’environnement (AEE) alerte sur la hausse des tonnages de déchets dangereux dans l’UE, selon un rapport publié le 16 décembre. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

La société prévoit que le non-traitement de 14 millions de déchets sera réduit à trois millions d’ici à 2027 puisque des installations sont en train d’être mises en service. Les trois millions restants pourraient être gérés par dix centrales fonctionnant aux déchets, même si leur construction couterait plus de 2 milliards de livres (2,2 Md d’euros) et consommerait l’équivalent de l’électricité consommée par 500 000 foyers britanniques.

Coûts liés au renforcement des capacités

La recherche indique qu’étant donné le long délai de construction des usines de production d’énergie à partir de déchets, la plupart des déchets renvoyés après avoir été exportés à l’étranger durant les dix prochaines années risquent de finir dans les décharges. Le taux d’imposition élevé lié aux décharges et le transport sur de grandes distances pour le traitement des déchets risquent de retomber sur les contribuables et les entreprises.

Le traitement des déchets résiduels commerciaux correspond à l’actuel manque de capacités et nécessiterait 5 milliards de livres d’investissements du secteur privé pour y remédier. À cela s’ajoutent les 3 milliards de livres d’investissement pour soutenir les infrastructures de recyclage, ce qui, selon Suez, risque d’être compliqué sans l’aide du gouvernement.

La décision de publier les résultats du rapport plus tôt fait suite à la publication d’un rapport la semaine dernière du cabinet de conseil Eunomia, qui affirme que la capacité de traitement des déchets au Royaume-Uni dépassera la production de déchets résiduels d’ici à 2020.

Ce rapport estime que si 100 % des projets de capacités de production d’énergie à partir de déchets étaient déployés, les taux de recyclage au Royaume-Uni pourraient tomber en dessous de la barre des 50 %, puisque les incinérateurs de déchets sont mis en service durant une période de baisse des déchets résiduels.

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