L’Afrique veut mettre fin à l’importation de déchets électroniques

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Les pays africains ont appelé à une action à l’échelle du continent afin de limiter l’importation de déchets électroniques en provenance de l’UE. L’exportation de biens utilisés coûte en effet moins cher que la mise en décharge en raison de lois environnementales strictes.

Dans un document publié récemment, les pays africains qui ont adopté une convention internationale sur les déchets dangereux ont appelé à une action uniforme : mettre fin à l'importation de produits électroniques mis en décharge contenant des composants dangereux. Dans certains cas, les produits sont envoyés comme dons afin d'être réutilisés, même s'ils ne sont plus utilisables.

 

En réponse au commerce de déchets électriques et électroniques, l'UE a pris des mesures en 2012 afin de renforcer ses lois sur l'exportation et d'éviter le dumping de ces produits en Afrique.

 

La mise à jour de la directive relative aux déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) vieille de dix ans a suivi d'âpres négociations sur la meilleure façon d'améliorer le recyclage des déchets électroniques et électriques, pour la plupart mis en décharge ou envoyés à l'étranger pour y être traités à cause des prix élevés du recyclage en Europe.

 

Les parties prenantes à la convention de Bamako sur l'exportation de déchets dangereux en Afrique se sont rencontrées dans la capitale malienne en juin, pour la première fois depuis la signature de l'accord international en 1991.

 

Dans les déclarations finales publiées le 6 août, les représentants africains ont réclamé la mise en œuvre de la convention et des lois nationales plus strictes.

 

« Pour la première fois, les parties africaines ont appelé d'elles-mêmes à une action rigoureuse afin d'empêcher le dumping de déchets électriques et électroniques », peut-on lire dans un communiqué de Basel Action Network, une organisation de défense de l'environnement qui lutte contre le commerce de déchets toxiques.

 

La refonte de la DEEE

 

En vertu de la nouvelle DEEE, les États membres devront recycler 45 % des produits électroniques vendus d'ici 2016, 65 % d'ici 2019, ou 85 % de tous les déchets électroniques générés.  Les nouveaux États membres auront jusqu'en 2021 pour se conformer à la directive.

 

En approuvant ces nouvelles règles le 7 juin 2012, le Conseil de l'UE a étendu la directive aux panneaux solaires, à l'éclairage fluorescent contenant du mercure et aux équipements qui contiennent des substances appauvrissant la couche d'ozone. Les pays membres de l'UE ont jusqu'au 14 février 2014 pour transposer cette directive dans leurs droits nationaux.

 

À peine un tiers de ces appareils sont recyclés dans leur pays d'origine et les deux autres tiers sont entreposés dans des décharges, selon les chercheurs. Des milliers de tonnes de produits électroniques sont cependant exportées dans des pays plus pauvres où les composants informatiques de seconde main et les métaux recyclés ont beaucoup de valeur.

 

Cette nouvelle directive oblige les gouvernements nationaux à fournir des informations sur les sites dans lesquels les biens peuvent être recyclés, notamment les points de collectes des biens électroniques de petite taille, comme les téléphones portables. Elle appelle également les gouvernements nationaux à être plus vigilants en matière d'exportation des déchets électriques et électroniques.  

 

Un rapport de 2012 du Programme des Nations unies (PNUE), « DEee en Afrique : État des lieux », révèle que 220 000 tonnes de déchets électriques et électroniques européens ont été envoyées en Afrique occidentale en 2009.

 

Rien qu'au Ghana, 30 % des importations des produits de seconde main seraient inutilisables, ce qui mettrait les efforts de l'UE en péril. Elle qui souhaite que ces produits électroniques puissent être réutilisés. Le rapport de l'ONU montre que 85 % des conteneurs avec des produits électriques et électroniques qui arrivent au Ghana proviennent d'Europe. Quelque 4 % d'entre eux proviendraient d'Asie.

 

Les autorités affirment que les déchets illicites sont généralement cachés au sein de conteneurs transportant une autre cargaison légale, dans le but de tromper les inspecteurs.

 

Le PNUE réclame des contrôles plus stricts dans les pays africains, où leurs propres déchets électroniques commencent à constituer un réel problème.

 

Toujours dans le domaine des exportations de déchets, l'UE se prépare à mettre fin à « l'échouage » de vieux bateaux à l'étranger. 

La convention de Bamako de 1991 a été ratifiée par le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, les Comores, l'Égypte, l'Éthiopie, le Gabon, la Gambie, la Libye, le Mali, le Mozambique, le Niger, l'Ouganda, la République démocratique du Congo, la République de Maurice, le Sénégal, le Soudan, la Tanzanie, le Togo, la Tunisie et le Zimbabwe.

 

Le Ghana, le Kenya et le Nigeria figurent parmi les destinations principales des déchets électroniques, mais n'ont pas ratifié la convention.

  • 14 févr. 2014 : date butoir pour que les États membres de l'UE adoptent la directive relative aux déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE)

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