L’Arctique attise les convoitises européennes

Les efforts à effectuer pour limiter le réchauffement climatique seront moins lourds dans un monde privilégiant la coopération internationale et le développement durable. [Denis Burdin/Shutterstock]

Malgré les graves risques environnementaux, la fonte des glaces dans l’Arctique devraient entraîner des opportunités économiques. Un enjeu sur lequel les Européens tentent de se positionner, face aux grands pays du pôle Nord comme la Russie ou le Canada.

La France tente de trouver l’équilibre entre intérêts économiques et environnementaux pour sa stratégie en Arctique. Le pays doit élaborer sa feuille de route pour le pôle Nord d’ici la fin de l’année et trouver sa place au sein de la stratégie européenne.

Dans cette perspective, un rapport d’information du Sénat présenté le 10 juillet livre quelques pistes de réflexion sur les enjeux français et européens en Arctique.

Si la France fait partie des membres observateurs du Conseil de l’Arctique, le forum intergouvernemental rassemblant les États dont une partie du territoire se situe dans la zone Arctique, plusieurs pays européens y siègent en tant que membres permanents.

Le Danemark, grâce au Groenland, la Finlande et la Suède appartiennent à cette région, ainsi que la Norvège et l’Islande, membres de l’Espace économique européen (EEE), soit 5 pays situés en Europe sur les 8 membres que compte le Conseil de l’Arctique.

L’Union européenne doit faire entendre sa voix

Malgré cette présence européenne, la Finlande et la Suède jouent un rôle encore trop minime au sein du Conseil de l’Arctique, où les « grands » pays tels que le Canada ou la Russie dominent. Pour sa part, l’Union européenne tente d’avancer sur sa stratégie : le Conseil de l’Union européenne a demandé à la Commission européenne de faire des propositions d’ici à la fin 2015.

Sans position géographique en Arctique, la France pourrait quant à elle être le fer de lance de la stratégie européenne pour l’Arctique grâce à sa position d’acteur reconnu dans la recherche scientifique, estime le rapport.

« Il y a des discussions avec les acteurs majeurs de la région. Chacun a des intérêts propres. Tous les pays sont impliqués notamment dans la recherche, mais à son niveau » souligne André Gattolin.

D’autres pays s’intéressent au développement économique de cette région, comme les grandes puissances asiatiques telles que la Chine, l’Inde, la Corée du Sud ou le Japon, qui mettent en place depuis quelques années des stratégies pour l’Arctique.

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Ressources naturelles

Un intérêt non dénué d’enjeux économiques. « L’Arctique est supposé receler de nombreuses ressources naturelles. Il y a donc des possibilités d’exploitation », explique le sénateur. La montée des eaux peut devenir un enjeu économique. Cela laisse par ailleurs miroiter des possibilités d’exploitations économiques sur certains mois de l’année ainsi que de nouvelles voies de circulation et de communication.

Plusieurs entreprises françaises sont déjà implantées sur place comme Total, GDF Suez et Areva sont présents pour la recherche. La France est très attendue en matière de développement durable en matière de précaution à prendre pour l’exploitation minière.

Enjeux diplomatiques

Sur le plan diplomatique, le Quai d’Orsay planche sur l’intégration de question des zones polaires dans le programme de la conférence Paris climat 2015. La France s’est par ailleurs dotée en 2009 d’un ambassadeur de France chargé des négociations internationales relatives aux pôles Arctique et Antarctique, en la personne de Michel Rocard.

Selon le rapport,  la région polaire est en effet la première cible du réchauffement climatique mondiale. Les travaux du GIEC, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, montrent que d’ici 2050, l’Arctique connaitrait une hausse des températures de 4 à 5 °C alors que dans des zones plus tempérées, elle ne serait que de 2 °C. « Cette année, 2014 sera à nouveau une année record pour la réduction de la banquise », s’alarme André Gattolin, sénateur des Hauts-de-Seine et auteur du rapport.

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Mais André Gattolin veut rester prudent. « On ne peut pas nier qu’il y ait des volontés de développement économique et des ressources. Il faudra sûrement trouver des formes de développement durable des ressources de l’Arctique […], mais nous ne devons pas ruiner l’ensemble du système climatique, environnemental de la planète », ajoute-t-il.

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Malgré les graves risques environnementaux, la fonte des glaces dans l’Arctique devraient entraîner des opportunités économiques. Un enjeu sur lequel les Européens tentent de se positionner, face aux grands pays du pôle Nord comme la Russie ou le Canada.

Les évolutions climatiques de ces dernières décennies ont amené les autorités à s’intéresser à l’Arctique. Dans cette région, la fonte de la banquise va au moins deux fois plus vite que sur le reste de la planète.

Si l’enjeu climatique revêt une importance considérable, il implique aussi des problématiques économique et stratégique. Les richesses supposées sous terre, les nouvelles routes maritimes fantasmées ou encore les nouvelles ressources halieutiques pourraient en faire un nouvel eldorado.

Par la présence de quelques États membres dans la région, l’Union européenne est légitime pour faire valoir ses positions et ses ambitions. Le 12 mars 2014, le Parlement européen a adopté une résolution sur une stratégie de l'Union européenne pour l'Arctique. De même, le 12 mai 2014, le Conseil de l’Union européenne a adopté des conclusions dans lesquelles il demande à la Commission européenne de lui soumettre avant la fin 2015 « des propositions sur la poursuite du développement d’une politique intégrée et cohérente pour la région arctique.

Fin 2014 : Publication de la feuille de route de la France pour l’Arctique

?Octobre 2015 : Conférence Paris climat 2015 Cop21

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