L’Europe affiche des taux d’ozone dangereux

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Malgré des progrès depuis 2007, les concentrations d'ozone au sol ont dépassé les limites juridiques dans tous les États membres en 2013, relève un rapport de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE).

L'Agence européenne pour l'environnement (AEE) vient de publier un rapport sur les concentrations d'ozone troposphérique. Résultats : le nombre de transgressions des limites européennes est élevé, mais, paradoxalement, les niveaux atteints sont les plus bas depuis le début des évaluations en 1997.

« Depuis 2007, les niveaux d'ozone sont passés en dessous de leurs niveaux habituels », indique le rapport. « L'année 2013 ne déroge pas à la règle. »

Selon des études scientifiques récentes, la pollution liée à l'ozone troposphérique pose cependant des risques pour la santé des êtres humains, même à des niveaux très faibles. « Cela signifie que les niveaux sont toujours beaucoup trop élevés », assure l'AEE.

L'ozone est un polluant qui provoque des troubles pulmonaires, irrite les voies respiratoires et augmente le risque de décès liés aux insuffisances cardiovasculaires et respiratoires. 

Le seuil fixé sur le long terme par l'UE, qui vise à limiter les concentrations d’ozone, a été dépassé dans 83 % des stations de mesure et au moins une fois dans chaque État membre, selon l'AEE.  

À 27 reprises, le seuil d'alerte lié aux taux de concentration était deux fois plus élevé que le taux considéré comme dangereux pour la santé humaine.

Ces dépassements ont principalement eu lieu en juillet et lors des premiers jours d'août 2013 dans les régions méditerranéenne et alpine.

Dans certains pays, jusqu'à 40 % de la population était exposée à des taux d'ozone trop élevés, selon le rapport.

Une autre étude a révélé qu'en 2012 presque tous les habitants des villes européennes étaient exposés à des niveaux d'ozone supérieurs aux critères de l'Organisation mondiale de la santé, plus stricts que les normes européennes.

L'ozone troposphérique est un « polluant secondaire ». En d'autres termes, ce corps gazeux se forme lors de réactions chimiques entre les polluants présents dans l'air, surtout par temps chaud. 

En décembre 2013, la Commission européenne a adopté un nouveau train de mesures en faveur de la qualité de l'air. Son objectif est de réduire les émissions de polluants, notamment ceux à l'origine de la formation d'ozone, à l'horizon 2030.

Même si c'est en Bulgarie et en Roumanie que l'air est le plus pollué au sein de l'UE, peu de zones urbaines échappent aux polluants nocifs comme les matières particulaires, l'ozone et l'azote. Les transports, l'énergie et l'agriculture sont les principaux coupables.

La mauvaise qualité de l'air a de nombreuses conséquences sur la santé humaine et l'environnement. Elle peut entraîner des problèmes respiratoires, abimer les plantes et contribuer à l'érosion des bâtiments. Certaines études affirment que la mauvaise qualité de l'air entraîne près de 500 000 décès prématurés par an au sein de l'UE (0,1 % de la population de l'Union). L'Agence européenne pour l'environnement (AEE) estime que la transition vers les véhicules électriques et d'autres mesures antipollution pourrait faire chuter ce chiffre à 230 000 d'ici 2020.

Un rapport de l'AEE publiée en septembre 2012 indique également que, même si certains polluants restent inexorablement présents dans l'atmosphère, des progrès ont été effectués en matière de réduction des émissions. Les niveaux de dioxyde de soufre (SO2), l'un des polluants les plus dangereux pour l'homme et l'environnement, ont chuté de 82 % depuis 1990 grâce au renforcement des obligations en matière de fumées industrielles. Les niveaux de monoxyde de carbone (CO) ont diminué de 62 %, de composés organiques volatils autres que le méthane (COVNM) de 56 %, d'oxyde d'azote (NOx) de 47 % et d' ammoniac (NH3) de 28 %. Depuis 2000, les émissions de particules fines ont diminué de 15 %.

Dans le but de réduire les niveaux de polluants, le Parlement européen a récemment approuvé une réglementation visant à diminuer les émissions de soufre dans le transport maritime, une initiative qui, selon les défenseurs de l'environnement, permettra d'éviter des milliers de décès prématurés, en particulier sur les zones côtières.

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