L’OCDE s’alarme du manque de productivité de certains pays émergents

Favela en Amérique Centrale (Credit: [Charles Harker]/Shutterstock)

Certains pays émergents, moteurs en rythme de croissance, peinent à rattraper les pays les plus avancés en terme de productivité. L’OCDE appellent à des réformes structurelles.

En dépit de leurs niveaux de croissance élevés, certains pays affichent une convergence économique lente. C’est ce que souligne un rapport de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE). Plusieurs pays à revenu intermédiaire voient ainsi leurs chances de rattraper la moyenne des revenus des pays de l’OCDE s’éloigner.

Parmi eux, on retrouve l’Afrique du Sud, le Brésil, la Colombie, la Hongrie et le Mexique. Selon le rapport Perspectives du développement mondial 2014, ces économies auront besoin de plus de temps pour atteindre cette moyenne. En ce qui concerne le Brésil par exemple, cette situation est due à la diminution du niveau de la productivité totale des facteurs, c’est à dire le rapport entre une quantité de richesse produite et la quantité de facteurs de production utilisée à cette fin.

« De nombreux pays au revenu intermédiaire ne grandiront pas assez vite pour atteindre le niveau des revenus en moyens des États membres de l’OCDE en 2050 vu leur rythme de croissance actuel », a affirmé Ángel Gurría, le secrétaire général de l’OCDE. 

Même s’il est normal que la croissance des pays ralentisse au fur et à mesure qu’elle se développe, la structure de leur développement risque d’être freinée. De leur côté, des pays comme la Chine, le Panama et le Kazakhstan sont sur la voie de la convergence à échéance 2050.

Le document Perspectives du développement mondial 2014 stipule que, dans les prochaines décennies, les pays en développement continueront de croître plus vite que ceux des pays plus avancés.

« Productivité, productivité, productivité »

Selon le rapport, la productivité de la main d’œuvre dans de nombreux pays en développement reste bien inférieure au niveau moyen des pays de l’OCDE. « En terme de productivité totale des facteurs, tous les pays sont en dessous de 30% de la productivité des États-Unis, prise comme référence. En réalité, certains pays sont encore plus en dessous de ce pourcentage. L’écart se creuse au Mexique, au Brésil, en Turquie, par exemple », explique Mario Pezzini, directeur du centre de développement de l’OCDE.

Pour remédier à ce problème, l’organisation préconise ainsi une diversification des secteurs dont la valeur ajoutée est plus importante comme dans l’agriculture, la manufacture et les services. À cela devraient s’ajouter des réformes économiques et une concentration accrue sur l’innovation sans oublier des réformes économiques structurelles adaptées.

Puisqu’elle parvient à encourager la compétitivité, la productivité et la création d’emplois, l’innovation peut aider la croissance à être plus dynamique tout en apportant des solutions aux problèmes sociaux. « Si la productivité du travail en particulier ne s’améliore pas, on ne sera pas en mesure d’améliorer la condition des travailleurs », affirme Ángel Gurría. La croissance inclusive est ainsi une des priorités de l’OCDE et une des nécessités des pays en développement.

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Selon l’organisation sans un effort pour améliorer leur productivité, la plupart des pays en développement et émergents mettront des décennies à rattraper les niveaux de revenus des pays avancés. Pour l’OCDE, le secteur des services peut également avoir un rôle clé dans « la croissance à valeur ajoutée des pays émergents ». Le développement de ce secteur permettrait ainsi à ces États de créer de l’emploi grâce à la mise en place de services haut de gamme à destination des classes moyennes ainsi que des entreprises nationales et étrangères.

La participation des pays qui ne font pas partie de l'OCDE dans le PIB mondial a dépassé celle des pays de l'organisation en 2010.

Depuis une vingtaine d’années l’émergence de nouveaux moteurs de croissance et le rééquilibrage de l’économie mondiale du Nord-ouest et du Sud-ouest ont mis à jour un processus de basculement de la richesse. Ce processus a permis à plusieurs pays en développement d’accélérer leur croissance. Il a également rendu possible le dégagement de nouveaux espaces budgétaires et la réduction de la pauvreté.

Cependant tous les pays n’ont pas profité du basculement de la richesse de la même façon. Le rythme de la croissance moyenne enregistrée entre 2000 et  2012 ne serait pas suffisant pour une convergence avec les revenus des pays de l’OCDE d’ici 2050.

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