L’UE compte supprimer les sacs plastiques fins d’ici 2020

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Le Parlement européen s'est exprimé en faveur de la suppression des plastiques les plus dangereux pour l'environnement à l'horizon 2020.

Lors d'un vote en session plénière du 14 janvier, les députés européens ont voté une résolution sur une consultation publique de la Commission relative aux déchets plastiques. Les eurodéputés comptent ainsi réduire l'impact des déchets plastiques sur l'environnement, notamment les océans.

Les eurodéputés sont allés au-delà du texte initial publié en mars dernier par la Commission européenne. Ils ont en effet introduit des objectifs européens contraignants pour collecter et trier jusqu'à 80 % des déchets.

Evaluation de la politique de déchets

Les députés ont lancé un appel à la Commission pour que celle-ci formule des propositions d’ici 2014. Objectif : arrêter progressivement la mise en décharge des déchets recyclables et récupérables à l'horizon de 2020, selon un communiqué du Parlement. La résolution fera partie d’une large évaluation de la politique sur les déchets qui devrait être publiée au mois de mai.

« Le Parlement a montré la voie pour s'attaquer à l'énorme problème de l'impact néfaste des déchets plastiques sur l'environnement et la santé humaine. Aujourd'hui, nous nous sommes prononcés pour changer de mauvaises habitudes et prendre en charge nos produits, de leur production à leur élimination finale, » a déclaré Vittorio Prodi, député européen social-démocrate qui a rédigé la résolution du Parlement.

En novembre, la Commission a publié des propositions visant à mettre progressivement un terme à l’utilisation des sachets d’une épaisseur inférieure à 50 microns (0,05 millimètre). Ils auraient en effet l’impact le plus important sur les écosystèmes.

Les plastiques fins plus difficiles à trier

Vanya Veras, la secrétaire générale de l'organisation Municipal Waste Europe a expliqué à EURACTIV lors d'un entretien que « dans des pays où il n'y a pas de collecte et/ou de tri des déchets plastiques, les plastiques légers sont plus difficiles à trier et sont de facto plus souvent enfouis dans une décharge ou réemployés dans la récupération d'énergie.

Ces sacs contiennent souvent des composants chimiques nocifs connus pour représenter un danger pour les espèces marines.

Vanya Veras a poursuivi : « souvent les pays qui ensevelissent leurs déchets, le font dans des décharges non surveillées : et ces plastiques légers sont facilement emportés par le vent et la pluie, pour terminer dans la nature, y compris dans les océans ».

Le rapport montre la nécessité de considérer la matière plastique comme une ressource précieuse, qui doit être réemployée dans l'économie après une première utilisation.

« Le plastique est une ressource trop précieuse pour rester ignoré ou enterré dans des décharges. C'est dans ce contexte que nous appelons à un renforcement de la législation européenne sur les déchets en vue de supprimer totalement les déchets recyclables et à haute valeur calorifique qui finissent souvent au fond d'une décharge, » insiste de son côté Karl Foerster, directeur exécutif de PlasticsEurope, dans un communiqué qui salue le rapport.

Les eurodéputés ont souligné que le recyclage du plastique restait sous-exploité, puisque le niveau de recyclage restait bas : 25 % seulement. La Commission européenne a assuré pour sa part que l'entrée en vigueur de règles européennes pourrait créer 400 000 emplois à travers l'Union européenne.

Dans le communiqué du Parlement, les eurodéputés affirment que de telles règles pourraient permettre d'économiser à l'UE 72 milliards d'euros par an.

L'incinération, une solution fortement déconseillée

Vittorio Prodi exhorte dans son rapport l'UE à se détourner de l'incinération des déchets. Sauf dans le cas où toutes les autres solutions ont été épuisées.

L'incinération de déchets en vue de récupérer de l'énergie peut empêcher le développement du recyclage. De plus, il a été prouvé que cette pratique rejetait plus de carbone que les centrales à charbon, avait expliqué auparavant un membre des Amis de la Terre Europe à EURACTIV.

L'industrie du plastique certifie, quant à elle, que l'incinération devrait « rester une solution préférable » à la mise en décharge, lorsque le recyclage s’avère trop difficile.

« La récupération de l'énergie est considérée comme une solution complémentaire pour les matières plastiques qui ne peuvent pas être recyclées de manière durable, car le plastique n'est pas un matériau homogène », écrit Karl Foerster dans son communiqué.

La Commission estime que chaque citoyen de l'UE utilisait environ 200 sacs en plastique en 2010. Environ 90 % de ceux-ci sont des sacs légers.

Selon les estimations, l'utilisation moyenne annuelle de sacs par personne est de 4 au Danemark et en Finlande contre 466 en Pologne, au Portugal et en Slovaquie.

Les spécialistes saluent les campagnes de sensibilisation du Danemark et de la Finlande et l'introduction de taxes afin de réduire l'utilisation de sacs plastiques.

L'exécutif européen est appelé à publier une évaluation sur les politiques en matière de déchets aux alentours de mai prochain.

La directive relative aux déchets révisée par l'Union comprend une hiérarchie des déchets contraignante qui définit des priorités en matière de traitement des déchets.

 

Cette hiérarchie promeut la prévention des déchets, suivie de la récupération, du recyclage et de la réutilisation. Les décharges ne peuvent être utilisées qu'en dernier ressort.

 

Pour se conformer à cette directive, les États membres de l'UE sont obligés de définir des plans d'action de gestion des déchets après avoir analysé leur situation actuelle en la matière.

 

Les pays devront également mettre en place des programmes de prévention des déchets d'ici fin 2013 dans le but de rompre le lien entre croissance économique et impacts sur l'environnement liés à la génération de déchets.

  • Mai 2014 : la Commission européenne publiera son évaluation de la politique en matière des déchets

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