L’UE part en croisade contre les nuisances sonores

Blessington Basin in Dublin, Ireland, one of the areas designated by the City Council as a 'quiet area' [IrishFireside. 2010].

Blessington Basin in Dublin, Ireland, one of the areas designated by the City Council as a 'quiet area'. [IrishFireside]

L’Agence européenne pour l’environnement vient de publier un guide de bonnes pratiques pour aider à identifier et à préserver des zones calmes.

Peu de personnes le savent, mais des expositions prolongées au bruit peuvent avoir des répercussions sur la santé, par exemple des maladies cardiovasculaires, ou aggraver des pathologies déjà existantes.

Hans Bruyninckx, le directeur exécutif de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), a déclaré lors de la publication d’un guide sur la gestion de la pollution sonore :« Quand on pense à la pollution sonore, on imagine souvent la musique bruyante ou le chien du voisin qui aboie. Mais, dans la plupart des cas, les réels problèmes de santé sont provoqués par une exposition prolongée au bruit provenant du trafic routier, des chemins de fer, des aéroports ou de l’industrie. Les zones calmes sont importantes, car elles offrent un répit loin du bruit et améliorent en fin de compte la qualité de la vie. »

Le bruit ambiant provoque des nuisances et perturbe le sommeil d’environ 30 % de la population européenne, selon la Commission. Le livre vert de l’UE, rédigé sur la base d’une consultation publique, révèle qu’environ 20 % des citoyens sont confrontés à des niveaux sonores considérés comme inacceptables par les experts de la santé.

Ce livre vert, intitulé « La politique future de lutte contre le bruit », a été publié en 1996 par la Commission européenne. Mais, la situation s’est aggravée depuis : le trafic est en constante augmentation et 75 % des Européens vivent dans les villes où la pollution sonore est la plus forte.

La directive sur le bruit ambiant de 2002 définit le « bruit ambiant » comme un « son extérieur non désiré ou nuisible résultant d’activités humaines ». Des bruits agréables, comme le ruissellement de l’eau ou le gazouillis des oiseaux, n’en font pas partie. En d’autres termes, une zone calme ne peut pas être mesurée en fonction du nombre de décibels, selon l’agence européenne.

Le rapport répertorie aussi un certain nombre de « bonnes pratiques » mises en place dans l’Union européenne. À Dublin (Irlande), le conseil municipal a déterminé huit zones silencieuses au sein de la ville à partir d’un logiciel de mesure et de modélisation du bruit qui a permis d’identifier les niveaux sonores moyens nuisibles à la santé lors d’une exposition prolongée.

À Oslo, les autorités norvégiennes ont adopté une approche plus ad hoc : elles ont demandé aux personnes actives dans le domaine de dire où se situaient d’éventuelles zones calmes pour ensuite établir une carte qui répertorie les niveaux de bruit. Quatorze zones ont pu être identifiées de la sorte.

Le 30 avril était consacré à la Journée internationale de sensibilisation au bruit, une initiative lancée par l’American Centre for Hearing and Communication en 1995, une organisation à but non lucratif. L’objectif est de sensibiliser la population aux dangers d’une exposition prolongée au bruit. 

  •  2014 : l'AEE publiera son premier rapport d'évaluation du bruit en Europe en se fondant sur les données provenant des États membres et identifiera les sources principales de bruit et leurs répercussions sur la santé et l'environnement. 

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