La France à nouveau leader mondial des green bonds

Les émissions d’obligations vertes viennent de franchir le cap des 100 milliards de dollars.

Avec plus de 15 milliards émis depuis janvier, la France se place à la première place des émetteurs, devant les États-Unis et les Pays-Bas. Un article de notre partenaire La Tribune

La France reprend son titre de championne du monde de la finance verte. Au premier semestre, d’après le classement publié ce mardi 25 juin par l’organisation à but non lucratif britannique Climate Bonds Initiative, le premier pays émetteur d’obligations vertes depuis le début de l’année est la France avec 15,3 milliards de dollars (environ 13,4 milliards d’euros). Elle supplante les États-Unis, qui étaient leaders en 2018 et au premier trimestre, et les Pays-Bas, qui ont émis avec succès en mai dernier leur premier green bond souverain de 6 milliards d’euros.

Le marché des green bonds – ces emprunts émis sur les marchés dans le but de financer exclusivement des projets « verts », à l’impact positif sur le climat et/ou l’environnement (énergies renouvelables, réduction des émissions de CO2, etc.), et assortis de contraintes de suivi et reporting – a repris des couleurs cette année : le volume d’émissions a franchi la semaine dernière les 100 milliards de dollars en moins de six mois et pourrait bien inscrire un nouveau record sur l’année.

L’obligation verte de la France atteint le record de 14,8 milliards d’euros

La France a ouvert une quatrième tranche de son green bond émis en 2017 pour lever 4 milliards d’euros supplémentaires. Sa place de premier émetteur souverain mondial sera difficile à tenir. Un article de notre partenaire La Tribune.

« C’est la première fois que nous franchissons cette étape clé dès le premier semestre de l’année » s’est félicité Sean Kidney, le directeur général de Climate Bonds Initiative.

Ce cap des 100 milliards d’émissions avait été atteint l’an dernier en septembre 2018 et en 2017 en novembre, pour la première fois. C’est évidemment de bon augure pour l’ensemble de l’année.

HSBC, qui souligne que les émissions de green bonds sont en hausse de 57 % par rapport à l’an dernier,  vient de relever sa prévision annuelle entre 180 et 240 milliards de dollars, contre une fourchette comprise entre 140 et 180 milliards. En 2018, le marché avait déçu en ne progressant que de 5 % à 163 milliards de dollars. Moody’s table sur 200 milliards de dollars cette année et Climate Bonds Initiative sur 250 milliards. Le marché reste petit à l’échelle de l’ensemble du colossal marché obligataire : les green bonds pèsent pour 2 % des émissions de l’année selon l’estimation de HSBC.

[Emission d’obligations vertes par mois en milliards de dollars, en 2017, 2018 et 2019. Crédit : Climate Bonds Initiative]

Engie champion corporate

Un grand groupe français se classe en tête des trois plus gros green bonds corporate de ce semestre : Engie, avec sa cinquième obligation verte émise en janvier pour un milliard d’euros puis sa sixième en deux tranches d’un total de 1,5 milliard d’euros le 14 juin. Depuis 2014, l’ex-GDF Suez, pionnier de la finance verte, a émis pour 8,75 milliards d’euros de green bonds, ce qui le place « à la première place des émetteurs corporate de green bonds dans le monde » se félicite le groupe.

« Engie s’est engagé à concilier la vision de long terme de l’entreprise et les objectifs financiers des investisseurs. Les green bonds, qui permettent de financer la transition zéro carbone de nos clients, en sont un levier essentiel » a commenté Judith Hartmann la directrice générale adjointe et directrice financière du groupe.

Sur les 15,3 milliards d’émissions françaises, la part des acteurs de la sphère publique (dont la note est soutenue par celle de l’État) est importante, s’élevant à 6,1 milliards selon les chiffres précisés par Climate Bonds Initiative.

Parmi ces acteurs publics très actifs du semestre, la Caisse des Dépôts a émis sa première obligation durable (verte et sociale) pour 500 millions d’euros le 13 juin, la RATP a émis son deuxième green bond de 500 millions d’euros le même jour, tandis que SNCF Réseau a émis son quatrième en janvier pour 500 millions d’euros. En mai, la Société du Grand Paris, chargée de piloter la construction du supermétro francilien Grand Paris Express, a émis sa troisième obligation verte, pour un milliard d’euros, deux mois après avoir réalisé la deuxième, pour 2 milliards d’euros !

Les régions s'emparent des obligations vertes

Face à la pénurie de financements, villes et régions commencent à lancer des émissions obligataires « vertes » pour financer leur agenda climat. 

La Banque Postale s’est aussi lancée sur le marché en émettant son premier green bond en avril, pour un montant de 750 millions d’euros.

L’obligation verte souveraine de la France, émise en janvier 2017 pour 7 milliards d’euros, ce qui avait placé le pays en tête de classement cette année-là, a été abondée à plusieurs reprises, en février et mai dernier par adjudication pour 1,7 et 2,47 milliards d’euros respectivement. Son encours s’élève désormais à 19 milliards d’euros.

Du côté des arrangeurs de green bonds, les banques françaises sont également bien placées. Crédit Agricole avait fini l’année numéro un et se situe actuellement au troisième rang mondialselon Global Capital, derrière HSBC et Bank of America Merrill Lynch, devant BNP Paribas.

La Tribune

La Tribune [latribune.fr]

Supporter

Life Tackle

Life Programme

LIFE TACKLE est cofinancé par le programme LIFE Gouvernance et information en matière d’environnement de l’Union européenne - Référence LIFE17 GIE/IT/000611



Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.