La vision des ministres de l’environnement pour une Europe verte en 2050

eu-green.jpg

 
Les 27 ministres européens de l’environnement ont défini les éléments clés de la politique environnementale de l’Union pour les décennies à venir et appelé à « une vision ambitieuse et convaincante pour une Europe verte en 2050 ». Croissance économique et dégradation de l’environnement ne seront alors plus liées.

Les militants écologistes risquent cependant d'être déçus de la seconde partie des conclusions ministérielles, favorables à une meilleure mise en oeuvre des lois existantes sur l'environnement plutôt qu'à l'élaboration de nouvelles règles.

Ces conclusions ne font qu'intensifier les pressions sur la Commission européenne chargée de trouver une suite au sixième programme d'action pour l'environnement (PAE) qui expirera en juillet prochain.

La réussite du sixième PAE, un document vieux de dix ans, « s'est trouvée compromise par une mise en oeuvre insuffisante […] dans les domaines du contrôle de la pollution atmosphérique, de l'eau et du traitement des eaux usées, des déchets et de la conservation de la nature », explique le Parlement dans une résolution adoptée en avril dernier et exhortant la Commission à élaborer un programme pour la suite.

L'exécutif européen a longtemps refusé de parler d'un septième PAE, au motif que les questions environnementales étaient déjà évoquées dans sa stratégie de croissance Europe 2020.

Les ministres de l'environnement ne partagent pourtant pas cet avis, selon un communiqué qui souligne que la Commission a confirmé son intention de « présenter une proposition pour un septième PAE avant la fin de l'année ».

Dans leurs conclusions, les ministres précisent que ce nouveau PAE devrait avant tout se concentrer sur le renforcement et une meilleure mise en oeuvre des politiques et de la législation existante en matière d'environnement, le pilier de la vision verte de l'UE. Le but de cette initiative est de faciliter la « transition vers une économie verte », expliquent-ils.

Les ministres estiment que ce septième PAE devrait être fondé sur la « vision » évoquée dans divers documents stratégiques comme la feuille de route sur l'utilisation efficace des ressources, la stratégie européenne pour la biodiversité et la feuille de route pour une économie faible en carbone d'ici 2050.

L'UE, ont-ils ajouté, devrait tendre vers un « découplage absolu entre la croissance économique » et la dégradation de l'environnement, « avec des émissions nationales de gaz à effet de serre qui respectent l'objectif consistant à maintenir l'élévation de la température mondiale au-dessous de 2°C par rapport aux niveaux de l'ère pré-industrielle ». 

Les conclusions des ministres devraient alimenter les discussions lors de la Conférence des Nations unies sur le développement durable à Rio, du 20 au 22 juin prochains.

L'ONG Health and Environment Alliance (HEAL) a salué les conclusions ministérielles qu'elle considère comme une « bonne nouvelle » pour la santé publique.

« Ce qui fonctionne, c'est de fixer des objectifs, des mesures spécifiques et des dates butoirs », a déclaré Genon Jensen, directrice exécutive de HEAL. « HEAL appelle donc le commissaire européen Janez Potocnik à présenter une proposition avec des actions et des objectifs concrets pour mettre l’Europe sur le chemin d'un développement sain et durable. »

HEAL a particulièrement apprécié les conclusions ministérielles sur les perturbateurs endocriniens chimiques, « la reconnaissance importante de la nécessité de réduire l'exposition à ces produits, surtout pour les enfants, et d'accorder plus d'attention aux mesures visant à identifier et évaluer les mélanges chimiques ».

« Nous attendons à présent une révision profonde de la stratégie européenne sur les perturbateurs endocriniens afin de définir un cadre précis pour des mesures rapides de réduction de l'exposition », a expliqué Lisette van Vliet, conseillère stratégique senior chez HEAL.

Le sixième programme d'action pour l'environnement (PAE) adopté en 2001 a donné lieu à certaines des règlementations européennes les plus controversées, comme le règlement REACH sur les produits chimiques toxiques, les règles strictes sur les pesticides et la pollution de l'air ainsi que le système d'échange de quotas d'émission (ETS) qui oblige pour la première fois les grandes industries à payer le prix de la pollution au dioxyde de carbone.

Cette stratégie a cependant été affectée par l'absence de mise en oeuvre dans certains domaines, notamment le contrôle de la pollution atmosphérique, l'eau et le traitement des eaux usées, les déchets et la conservation de la nature, selon le Parlement européen.

Le sixième PAE expirera le 22 juillet 2012.

  • 1er juin : fin de la période de consultation sur le septième programme d'action pour l'environnement.
  • 20-22 juin : conférence de l'ONU sur le développement durable à Rio de Janeiro au Brésil.
  • 22 juillet : le sixième programme d'action pour l'environnement arrivera à échéance.
  • D'ici fin 2012 : la Commission européenne devrait présenter ses propositions pour un septième PAE.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.