L’Allemagne bloque l’enquête du Dieselgate

Volkswagen a été éclaboussé par le scandale du Dieselgate, une fraude sur les émissions réelles des voitures. [villorejo/ Shutterstock]

Trois juges d’instruction français se plaignent du manque de collaboration de la justice allemande dans le dossier du Dieselgate. L’Allemagne dit ne pas vouloir perturber sa propre enquête. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Le couple franco-allemand n’est pas un exemple de coopération dans le dossier du Dieselgate. Révélée par Le Parisien, une lettre des trois juges d’instruction français en charge du dossier en témoigne. « Nous avons effectué trois demandes officielles de documents au procureur du tribunal de Braunschweig, les demandes n’ont pas abouti », déplorent les magistrats dans ce courrier adressé aux parties civiles.

Le parquet de Paris a ouvert deux informations judiciaires en 2016 et 2017 pour « tromperie aggravée » à la suite du scandale du Dieselgate. En septembre 2015, l’Agence américaine de l’environnement avait découvert que le constructeur automobile Volkswagen truquait ses moteurs diesel afin de tromper les tests antipollution. Onze millions de véhicules sont concernés. Entendu comme témoin assisté par la justice française, le constructeur allemand n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Un rapport d’experts sera rendu cet automne sur l’étendue du Dieselgate en France.

Dossier explosif

De l’autre côté du Rhin, les juges allemands considèrent que « la communication d’éléments de leur enquête aux juges français risquerait de perturber gravement l’avancée de leurs travaux ». Un argument que réfute Emmanuel Ludot, l’avocat des parties civiles françaises dans Le Parisien, « Berlin veut garder le contrôle de ce dossier explosif, dont les conséquences pourraient être catastrophiques pour l’Allemagne ». En juin, le constructeur a accepté de reconnaître sa responsabilité devant la justice allemande et s’est engagé à payer une amende d’un milliard d’euros.

Une nouvelle révélation s’est rajoutée, la semaine passée, au dossier déjà épais du Dieselgate. Le magazine allemand Der Spiegel accuse Hubert Diess, l’actuel PDG de Volkswagen, d’avoir été prévenu de la fraude aux émissions polluantes des moteurs, deux mois avant que l’affaire n’éclate. La justice allemande se demande désormais si le constructeur n’a pas caché à ses investisseurs l’ampleur des conséquences financières du scandale à venir. Elles sont estimées à 23,5 milliards d’euros en amendes et pénalités. Interrogé par le magazine, Volkswagen a déclaré n’avoir violé aucune règle de confidentialité et avoir informé ses actionnaires en publiant une note quatre jours après le début du Dieselgate.

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