Les députés tous unis contre la pêche électrique

L’Assemblée a adopté, le 6 mars dans la soirée, une proposition de résolution européenne visant à interdire la pêche électrique, sous toutes ses formes, dans l’Union européenne. Un article du JDLE.

Une fois n’est pas coutume, c’est à l’unanimité que les députés ont adopté cette résolution appelant les autorités françaises à « s’opposer à l’autorisation de la pêche électrique, sous toutes ses formes, y compris dans le cadre du maintien ou d’une prorogation des dérogations actuelles ». Un vote qui s’est conclu sous les applaudissements.

De lourdes conséquences

Déposé le 2 février à la Chambre basse par les groupes LREM et MoDem, ce texte -qui n’a pas force de loi- rappelle que « l’innocuité de l’impact sur l’environnement marin de cette technique de pêche n’a pas été démontrée par des études d’impact rigoureuses faisant consensus parmi la communauté scientifique ».

Au contraire, des témoignages concordants de chercheurs et de pêcheurs indiquent que son utilisation engendrerait « des conséquences lourdes et potentiellement irréversibles sur les poissons et leurs écosystèmes : colonnes vertébrales fracturées, affaiblissement du système immunitaire et vulnérabilité accrue aux agents pathogènes, ecchymoses, modifications de la chimie de l’eau ». Les députés ajoutent que « la recherche reste insuffisante quant aux impacts sur les œufs, la croissance des juvéniles et la fécondité ».

Le débat sur la pêche électrique a fait de l'ombre aux autres enjeux du secteur

En interdisant le recours à la pêche électrique, le Parlement européen a aussi interdit une dérogation française sur les maillages de filets de pêche. Une mesure dont le coût inquiète les pêcheurs et députés français.

Entorses à l’interdiction

Interdite en 1998 par un règlement européen[1], la pêche électrique bénéficie de dérogations depuis 2007 permettant à 5 % de la flotte de chalutiers à perche de chaque État membre de la pratiquer « à titre expérimental ». Une entorse actée malgré l’avis défavorable du comité scientifique de Bruxelles. Aujourd’hui, 84 navires néerlandais la pratiquent dans le sud de la mer du Nord. Une zone où les ressources halieutiques ont fortement régressé au cours des 10 dernières années, en particulier les stocks de soles et de plies.

Une interdiction effective

Alors que la révision du règlement a été initiée dans l’Union européenne, la Commission s’oppose au Parlement. L’exécutif plaide pour le maintien et l’extension des dérogations tandis que les eurodéputés veulent leur suppression définitive. L’avenir de la pêche électrique se trouve donc entre les mains des États membres. Le gouvernement français s’est déclaré en faveur d’une suppression définitive, mais la bataille sera difficile. « Si le mandat du Parlement européen est particulièrement clair, les positions au sein du Conseil sont plus diverses et nous avons aujourd’hui peu d’alliés. Il va falloir aller les chercher », a déclaré le ministre en charge de la pêche, Stéphane Travert, dans l’hémicycle du Palais Bourbon.

Le Parlement européen demande l'interdiction de la pêche électrique

Le Parlement européen a demandé mardi l’interdiction de la pêche électrique dans l’UE, s’opposant à une dérogation proposée par Bruxelles qui veut autoriser cette pratique à une plus large échelle en mer du Nord.

 

 

[1] Règlement du 30 mars 1998 sur la conservation des ressources de pêche

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