Les eurodéputés ne veulent plus d’huile de palme dans les voitures

20% de la déforestation est causée par la production d'huile de palme. [CIFOR/Flickr]

Les eurodéputés demandent à la Commission d’interdire l’incorporation de l’huile de palme dans les agrocarburants. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

45% de l’huile de palme importée en Europe finit dans nos réservoirs. Le Parlement européen vient, dans le cadre de sa commission Environnement, d’exhorter la Commission à renoncer, au plus tard en 2020, à promouvoir l’utilisation de cette huile comme agrocarburant. Une résolution soutenue par l’ensemble des tendances politiques, au nom de la protection « des précieux écosystèmes tropicaux (…) de l’assèchement de rivières, de l’érosion de terres, de la perte de nappes phréatiques, de la pollution de cours d’eau, de la destruction de sites naturels rares », dans un contexte où la demande devrait doubler d’ici à 2050.

Couper toutes les subventions

Tout en se félicitant de cette prise de position, l’ONG Transport & Environment estime que cette interdiction n’est pas la panacée, puisque l’huile de palme risque d’être remplacée par du soja ou du colza, qui émettent également plus de gaz à effet de serre que le diesel classique, à cause des impacts indirects (usage des sols et engrais). « La seule vraie solution consiste à cesser toute subvention, qui crée artificiellement une demande pour les huiles végétales dans le domaine des transports. »

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Des déforestations constantes

La culture de l’huile de palme a jusqu’ici été à l’origine de 20% de l’ensemble de la déforestation, estiment les eurodéputés, qui pointent le fait que la majorité des entreprises qui font commerce d’huile de palme « ne sont pas en mesure de démontrer avec certitude que l’huile de palme de leur chaîne de production n’est pas liée à la déforestation. » De nouvelles plantations et des extensions de plantations existantes en Indonésie, en Malaisie et dans d’autres États asiatiques ainsi qu’en Afrique et en Amérique latine sont « constamment » en cours.

Information, plutôt qu’interdiction

Pour autant, les eurodéputés ne demandent pas son interdiction totale. Ils misent plutôt sur la pédagogie, en demandant à la Commission de lancer une campagne en coopération avec le secteur sans but lucratif, pour fournir aux consommateurs des informations sur les conséquences d’une culture de l’huile de palme peu respectueuse de l’environnement. Ils suggèrent qu’une marque particulière sur le produit soit créée, qui indique aux consommateurs que celui-ci n’est pas lié à la déforestation. Ils critiquent les systèmes de certificat (RSPO, ISPO, MPOCC), qui n’interdisent pas à leurs membres de convertir des forêts humides ou des tourbières en plantations de palmiers et qui échouent à limiter les émissions de gaz à effet de serre pendant le processus de création et d’exploitation des plantations. Ils demandent à la Commission d’augmenter les droits d’importation de l’huile de palme qui est directement liée à la déforestation et n’intègre pas les coûts réels liés à l’impact environnemental.

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