Les Verts pragmatiques sur la question climatique

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Les écologistes français ont amorcé samedi lors d'un colloque la préparation de la conférence internationale de Paris sur le climat en 2015. Pour présenter une position européenne commune aux pays du Sud, ils appellent à soutenir la Pologne, qui organise la prochaine réunion climatique en novembre.

 « La France étant le seul pays candidat à l’accueil de la COP 21, il est plus que probable que nous l’emportions » s’amuse le ministre en charge du développement, Pascal Canfin. Lors d’une conférence intitulée « Nouvelles initiatives pour l’Europe » et organisée à l’initiative du parti Europe Ecologie les Verts, le ministre Verts et plusieurs eurodéputé ont débattu des enjeux de la  21eme  Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur le changement climatique qui doit se tenir dans la capitale française en 2015.

A l’occasion de cette conférence, Rajendra K. Pachauri, Président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a présenté son cinquième rapport. Un texte plus préoccupant  que la version de 2007. Pour les expert scientifiques internationaux,  la température de la terre pourrait grimper jusqu'à 4,8 degrés d'ici à 2100 et le niveau des océans s'élever de près de 1 mètre.  

Un constat alarmiste

Les députés écologiste ainsi que le ministre du développement on  confirmé ce constat alarmiste sur la situation climatique et énergétique de l’Europe et du monde. « La situation la plus probable aujourd’hui, c’est que nous ne parvenions pas à contenir le réchauffement climatique en-dessous du seuil de 2 degrés d’ici la fin du siècle. Mais la bonne nouvelle, c’est que selon le dernier rapport du GIEC, cet objectif est encore dans le domaine du possible » détaille Pascal Canfin.

Promis par les chefs d'Etat  des 195 pays membres de l'UNFCCC lors du sommet de Copenhague en décembre 2009 , l’objectif de limitation du réchauffement climatique a depuis été jugé à plusieurs hors de porté par les observateurs, au regards des avancés limités en matière de climat.

Ce constat en demi-teinte n’a pas empêché les écologistes français de pointer plusieurs facteurs positifs par rapport à 2009. « Nous sommes maintenant dans la période Obama II. Il y a aujourd’hui une volonté du président des  Etats-Unis de laisser un bilan positif en matière climatique »  a notamment pointé le ministre Vert.

Autre aspect primordial pour EELV, le partage du fardeau des émissions de CO² entre les pays du Sud et ceux du Nord. « Si les pays tels que l’Inde, l’Afrique du Sud ou le Nigéria atteigne notre niveau d’émission de CO² par tête, nous irons vers une hausse de la température de 5 degrés » prévient Pascal Canfin.

Erreur de Copenhague

Pragmatique, Pascal Canfin à appelé la France à ne pas reproduire les erreurs commises à Copenhague en 2009.

« La COP 21 ne devra pas penser cette négociation comme un simple partage du fardeau des émission de CO² entre les différents pays. Ce serait se tirer une balle dans le pied. Il faut penser cette négociation comme un pacte pour la croissance, l’économie, l’innovation et la lutte contre le chômage » précise le ministre.

Lors du sommet de 2009, les danois auraient beaucoup compté sur l’esprit de solidarité internationale en matière de lutte contre le changement climatique.

« Une erreur dans une négociation internationale à plus de 190 pays. Il faut miser sur les bénéfices possibles pour chaque pays d’un pacte climat ambitieux » » rappelle le ministre Vert.

Hypocrisie européenne

Autre difficulté avancée aux cours des débats, le manque d’avancée à l’échelle européenne sur la lutte contre le réchauffement climatique.

« A Rio, les pays en voie de développement nous ont accusé de proposer un modèle de transition énergétique à l’échelle mondiale… que nous n’avons toujours pas mis en place au sein de l’UE ! » reconnaît la députée européenne Sandrine Bélier.

 « Nous avons un mal fou à passer à la vitesse supérieure au niveau européen » regrette Sandrine Bélier, députée européenne. « Sur le marché du carbone, nous n’avons toujours pas réussi à trouver de compromis pour sauver le dispositif. Nous sommes dans une impasse » a-t-elle poursuivi.

Aider la Pologne

La Pologne et son modèle énergétique font aussi figure de mouton noir parmi les 28. Le pays, qui doit abriter la COP de 2013 en novembre produit la quasi-totalité de son énergie grâce au charbon. Son modèle énergétique extrêmement polluant rend peut probable que le pays s’allie à une position européenne ambitieuse sur la réduction des émissions de CO²

« Il est impératif de régler la question polonaise avant Paris 2015 si nous voulons être en mesure de proposer une position européenne solide » a affirmé Pascal Canfin.

En clair, le pays est dépendant du charbon et opposé à toute transition qui le ferait dépendre des exportations de gaz russe. « Si vous voulez les avoir à bord, il faut penser à flécher des financements européens pour les aider dans la transition énergétique » a conclu le ministre français.

Il a également évoqué la possibilité d’utiliser les futures recettes du marché du carbone européens pour accompagner les pays européens tels que la Pologne dont le mix énergétique pose problème.

L'UE s’est dotée de l'objectif contraignant de réduire ses émissions de dioxyde de carbone de 20 % d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990 et d'augmenter d’autant la part d'énergies renouvelables dans son bouquet énergétique. Un objectif volontaire d’une augmentation de 20 % en termes d'efficacité énergétique a également été défini.

L'UE s’est dotée de l'objectif contraignant de réduire ses émissions de dioxyde de carbone de 20 % d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990 et d'augmenter d’autant la part d'énergies renouvelables dans son bouquet énergétique. Un objectif volontaire d’une augmentation de 20 % en termes d'efficacité énergétique a également été défini.

La Pologne tire 90 % de son énergie du charbon. Elle est à la traîne dans la alisation de ces objectifs et s'oppose farouchement à toute autre ambition climatique de l'UE. Le pays doit par ailleurs accueillir la COP 19 en novembre 2013.

En 2011, les négociateurs sur le climat ont accepté de commencer à travailler sur un nouveau traité juridiquement contraignant visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il devrait être conclu en 2015 lors de la COP de Paris et entrer en vigueur en 2020.

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