L’état écologique des milieux marins progresse peu en Europe

Les États membres sont mal partis pour atteindre le bon état écologique des milieux marins en 2020, selon un rapport d’évaluation. Un article de notre partenaire le Journal de l’Environnement.

Pour réaliser cette synthèse, la Commission européenne n’a pu se baser que sur les programmes de mesures transmis par 16 États membres. « Faute de réponse, Bruxelles a dû lancer des procédures d’infraction contre plusieurs États membres et sept d’entre eux, Croatie, Danemark, Estonie, Grèce, Lituanie, Roumanie et Slovénie ont finalement été exclus de l’évaluation pour n’avoir pas soumis leur rapport dans les temps », relève l’ONG ClientEarth.

Point positif, les pays de l’UE sont passés d’une « approche de protection du milieu marin décousue » à une « approche plus stratégique », selon la Commission qui a passé en revue les 11 critères définis par la directive cadre sur le milieu marin de 2008 pour évaluer le bon état écologique des milieux d’ici à 2020.

Limiter les espèces invasives

La gestion des eaux de ballast pour réduire les espèces introduites par le trafic maritime s’est répandue dans l’UE, avec une réglementation dans 13 États membres. Les mesures prises vont du ciblage direct, par les pêcheurs, des espèces non indigènes, aux initiatives de sensibilisation visant notamment les activités récréatives. La Suède, par exemple, a mis en place un système national d’alerte et de réaction avertissant les autorités dès qu’une espèce invasive est détectée dans ses eaux territoriales.

Lutter contre la surpêche

Au chapitre de la surpêche, tous les 16 États membres ont introduit des mesures –plus ou moins efficaces- pour limiter ses pressions. 14 y ont inclus des dispositions à l’égard de la pêche récréative. Des actions vitales en Méditerranée où la surpêche atteint des niveaux record. Réduire la taille des flottes, diminuer les captures totales, interdire des zones à certains types de pêche dévastateurs, comme le chalutage, font partie des solutions les plus adaptées, rappelle l’exécutif européen.

La Finlande et le Royaume-Uni ont indiqué qu’ils n’atteindraient pas le bon état écologique en raison de la forte fréquentation de leurs eaux territoriales. Malte, de son côté, souligne le besoin de coopération transfrontalière pour parvenir à cet objectif.

Apports de nutriments

Également critique dans les mers européennes, notamment la Baltique, l’eutrophisation fait l’objet de plans d’action de lutte visant à réduire les apports excessifs de nutriments et de substances organiques. Parmi les mesures adoptées, la Commission cite la promotion de pratiques aquacoles et agricoles durables, la création de zones de contrôle des émissions d’oxydes d’azote (NOx) pour le trafic maritime, le contrôle des rejets des eaux usées non traitées par les navires ou encore l’équipement des ports pour l’approvisionnement des bateaux en gaz naturel liquéfié. Bonne nouvelle, la plupart des pays méditerranéens ont déclaré avoir atteint le bon état écologique des eaux marines au regard de ce critère d’évaluation.

Contaminants à surveiller

De toutes les sources de pollutions marines, les retombées atmosphériques des contaminants (métaux lourds et polluants organiques persistants) apparaissent comme les moins bien traitées dans les programmes d’action nationaux. De nombreuses dérogations ont d’ailleurs été demandées par la Pologne et la Suède pour la mer Baltique et par les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède pour l’Atlantique Nord-Est. Des dérogations dont « les justifications ne sont pas toujours convaincantes d’un point de vue technique », explique la Commission, qui cite notamment « des coûts d’action disproportionnés » avancés par les États.

Moins de déchets marins

Les 16 États membres concernés par l’étude ont également intégré (ou vont le faire) la question des déchets dans leur stratégie marine. Cela consiste le plus souvent à nettoyer les plages ou organiser des opérations de sensibilisation. De son côté, Bruxelles estime que la limitation de l’usage des plastiques à usage unique ou des déchets de l’aquaculture sont plus efficaces. Ces actions devraient bientôt devenir obligatoires avec la future directive sur les plastiques, en débat dans l’UE.

Protéger la biodiversité

3 États membres (Espagne, Portugal et Royaume-Uni) ont créé de nouvelles aires marines protégées depuis la précédente évaluation de 2014 tandis que 7 autres prévoient de le faire (Allemagne, Bulgarie, Chypre, Finlande, France, Italie et Suède). Insuffisant selon l’exécutif communautaire, qui note que « leur portée spatiale est limitée » et qu’elles « ne ciblent pas nécessairement les pressions les plus fortes comme le chalutage des fonds ».

Hors des clous

En conclusion, le rapport juge que les niveaux d’ambition diffèrent selon les États. « Toutes les pressions sur le milieu marin ne sont pas correctement traitées par les mesures adoptées », affirme Bruxelles, qui cite l’introduction d’espèces invasives par le trafic maritime du fait des salissures biologiques, l’enrichissement en nutriments et les apports en contaminants depuis des sources atmosphériques, l’introduction de micro-déchets et de macro-déchets par les activités côtières et en mer, et la pollution sonore provenant de sources sous-marines. Finalement, « il est peu probable que l’engagement d’atteindre un bon état écologique des milieux en 2020 soit tenu ».

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