L’interdiction de la pêche en eaux profondes débute en janvier

La ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, a annoncé que l’entrée en vigueur de l’interdiction de la pêche en eaux profondes à plus de 800 mètres entrerait en vigueur à partir du 12 janvier.

« Le début d’année est marqué par des excellentes nouvelles pour l’environnement. Ainsi jeudi prochain s’appliquera l’interdiction de la pêche en eaux profondes », s’est félicité Mme Royal lors d’une interview sur Europe 1/iTELE/Les Echos.

Cette mesure est le résultat d’une décision prise par l’Union européenne le 30 juin. L’accord bannit le chalutage de fonds à plus de 800 m dans les eaux européennes. Cette profondeur est ramenée à 400 m dans les zones dites « d’environnement marin vulnérable ».

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Dans les eaux autorisées, la pêche en profondeur ne pourra être pratiquée que si la zone a déjà été exploitée par le passé entre 2009 et 2011. Les contrôles seront renforcés, tout comme les sanctions en cas d’infraction.

Cette décision, qui intervient près de quatre ans après la publication des premières propositions de Bruxelles sur ce type de pêche, avait été très fortement appuyée par Ségolène Royal au niveau européen.

La ministre avait par ailleurs tenté de l’inclure dans un article de sa loi sur la biodiversité. Cette mesure, dénoncée par le secteur de la pêche, avait finalement été rejetée par l’Assemblée nationale en mars dernier.

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L’entrée en vigueur de cette interdiction « prouve que quand on veut, on peut » et montre que des « combats difficiles peuvent être menés à bien dès lors qu’ils sont menés avec détermination et confiance », a déclaré la ministre de l’Environnement le 8 janvier.

La pêche en eaux profondes ne représente qu’environ 1% des débarquements de l’Atlantique nord, mais elle constitue « le plus grand risque de destruction des écosystèmes marins vulnérables et irremplaçables », selon la Commission européenne.

En raclant les fonds marins où vivent coraux et éponges, elle entraîne des niveaux élevés (20% à 40%) de captures non désirées et affecte des stocks vulnérables, qui ne peuvent supporter qu’une faible pression de pêche car ils mettent des années à arriver à maturité pour se reproduire, comme les requins d’eaux profondes, le grenadier de roche ou la lingue bleue.

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