L’Italie n’est pas satisfaite des lignes directrices de l’UE sur l’interdiction des plastiques à usage unique

Le ministre italien de la Transition écologique, Roberto Cingolani, s'exprime pendant l'enregistrement d'une émission télévisée, à Rome, en Italie, le 29 avril 2021. [EPA-EFE/RICCARDO ANTIMIANI]

Les lignes directrices de la Commission européenne sur les plastiques à usage unique publiées lundi (31 mai), qui prévoient une obligation — non prévue dans la directive européenne de 2019 interdisant les emballages plastiques à usage unique à partir du 3 juillet — de réduire la consommation d’assiettes, de verres et d’emballages en papier recouverts d’un film plastique, ont suscité de vives réactions de la part de l’industrie italienne qui est fortement investie dans la production de ces produits.

« Les lignes directrices de l’UE concernant la directive SUP [sur les plastiques à usage unique, NDLR] ont pour effet de fermer tout un secteur industriel. Je ne vois pas de réaction décisive et cohérente de la part des politiques, des syndicats et des entreprises. Il semble que cela ne concerne pas l’avenir des travailleurs du secteur de l’emballage, l’excellence italienne dans le monde ! » a tweeté Carlo Bonomi, président de la plus grande association d’entreprises italiennes, Confindustria.

Le ministre du Développement économique Giancarlo Giorgetti et le ministre de la Transition écologique Roberto Cingolani se sont également alignés contre les directives.

« La conscience environnementale, projet partageable et objectif à poursuivre, ne peut ignorer les conséquences d’une approche idéologique qui pénalise les industries italiennes », a déclaré M. Giorgetti, qui a récemment discuté de la question avec les commissaires européens Mme Vestager et M. Gentiloni.

M. Cingolani a expliqué au contraire que la directive sur les plastiques à usage unique porterait également préjudice à un autre secteur où l’Italie est à l’avant-garde en Europe, celui des bioplastiques biodégradables.

« C’est une directive absurde, pour laquelle seul le plastique recyclé est acceptable », a déclaré M. Cingolani. « L’Europe a donné une définition très étrange du plastique, [incluant] uniquement le plastique recyclable. Tous les autres, même s’ils sont biodégradables ou s’ils sont additionnés de quelque chose, ne sont pas bons. Notre communauté scientifique est leader mondial dans le développement de matériaux biodégradables, mais pour le moment, ils ne sont pas utilisables par l’industrie, en raison d’une nouvelle directive européenne absurde », a-t-il ajouté.

Cela se produit au moment même où « l’UE finance de grands projets européens pour développer des plastiques biodégradables », a-t-il dit, ajoutant que « même au niveau continental, il existe des signaux contradictoires qui doivent être clarifiés ».

L’immense défi de la sortie du plastique

Alors que le projet de loi contre le gaspillage et pour une économie circulaire doit être adopté ce 21 janvier par l’Assemblée nationale, les obstacles à l’abandon du plastique sont légion. Un article de notre partenaire La Tribune.

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