L’industrie du plastique recyclé en mal de règles contraignantes

Pour être compétitifs sur le marché européen du plastique, les acteurs du recyclage réclament des seuils contraignants au niveau européen.

Pour faire décoller le marché du plastique recyclé, Bruxelles doit mettre les bouchées doubles au niveau législatif, estime une coalition d’entreprises, d’autorités locales et d’ONG du secteur.

« Jusqu’à 10 milliards d’euros d’investissements seront nécessaires pour innover, étendre les systèmes de collecte sélective, de tri et la capacité de recyclage au niveau européen », affirme la coalition dans un communiqué publié le 19 juillet.

« Notre industrie est prête à faire les investissements nécessaires si des mesures législatives sont mises en place pour assurer une utilisation considérable des plastiques recyclés », écrivent-ils.

Le communiqué audacieux est signé par une large coalition de 34 associations professionnelles, ONG de défense de l’environnement, d’autorités locales et d’entreprises privées actives dans les activités de recyclage.

L'UE prépare ses adieux aux plastiques à usage unique

Bruxelles va révéler son plan d’attaque contre les plastiques non réutilisables, dont la première version avait reçu un accueil mitigé.

Ensemble, ils exhortent l’UE à aller au-delà des actions volontaires et à adopter une loi qui oblige l’utilisation de composants recyclés pour la fabrication de nouveaux produits plastiques afin de créer une véritable économie circulaire.

« Les accords d’approvisionnement volontaires peuvent déboucher sur une concurrence déloyale, surtout à une époque où la résine vierge est moins chère que la résine recyclée », explique la coalition.

« Nous sommes d’avis que la sécurité juridique apportée par une obligation d’utiliser des éléments recyclés pour les emballages et produits plastiques serait bénéfique pour tous les États membres ainsi que pour les entreprises de collecte et de tri », ajoutent-ils, appelant les législateurs à aller au-delà de la stratégie plastique de la Commission européenne présentée en janvier dernier.

La Commission se dote d’une stratégie sur le plastique

La Commission européenne a présenté une stratégie sur le plastique très attendue, afin d’établir une approche commune à la production et à la pollution au plastique pour les années à venir.

Réduire l’écart de prix avec le plastique vierge

Le plastique recyclé est actuellement plus couteux, car collecter, trier et produire demandent plus d’efforts que pour le plastique venant du matériau vierge. Par ailleurs la qualité est souvent moins bonne à cause de la pollution des différentes installations de collecte et de tri des déchets.

Face à une qualité moindre et des coûts plus élevés, les entreprises font vite leur choix. « Quand les prix du pétrole sont bas, les firmes non liées à des engagements de fabrication peuvent acheter de la résine vierge peu coûteuse et s’assurer ainsi un avantage concurrentiel », affirme la coalition.

« Nous pensons que sans une loi établissant un minimum de composants recyclés, il n’y a pas assez d’incitatifs pour que les fabricants passent du plastique vierge au plastique recyclé sur le long terme. »

Selon la coalition, rien qu’un minimum de 30 % de contenu recyclé d’ici à 2025 stimulerait considérablement le marché des plastiques recyclés en Europe et renforcerait le marché local.

La tâche herculéenne du recyclage du plastique

Le plastique neuf est toujours plus utilisé que le recyclé, faute au manque de demande, à un taux de collecte trop bas et à un marché trop fluctuant.

« Une forte demande en plastiques recyclés ne sera possible que grâce à des actions contraignantes et concrètes… pour réduire l’écart de prix néfaste entre le plastique vierge et le plastique recyclé », soutient le communiqué.

La décision est devenue d’autant plus urgente que la Chine a imposé une interdiction sur toutes les importations de matières premières secondaires venant d’Europe et d’ailleurs, rappelle la coalition.

Les lots de plastiques recyclés qui étaient autrefois envoyés en Chine dans des navires-conteneurs s’accumulent maintenant en Europe ou sont envoyés dans d’autres pays comme la Thaïlande, qui accepte de plus en plus de déchets électroniques.

« Partout en Europe et en Amérique du Nord, les systèmes de recyclage sont bloqués avec des matériaux recyclés qui n’ont nulle part où aller, à part dans les décharges ou dans la production d’énergie à partir des déchets », souligne la coalition, qui encourage la Commission européenne à déclencher « un changement fondamental dans la manière dont nous produisons. »

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