Quatre enseignes de restauration rapide le nez dans leurs déchets

Exki, le fast food bio, épinglé sur la gestion des déchets. [Alexandros Michailidis/Shutterstock]

Brune Poirson a officiellement tancé quatre enseignes de restauration rapide pour absence de plan concret concernant le tri des déchets. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

« Le compte n’y est pas. Nous n’avons reçu que 50 % des dossiers. Il manque à l’appel Domino’s Pizza, Exki, Subway et Five Guys, parmi les plus connus », a affirmé sans détours Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministère de la transition écologique, à l’AFP.

L’affaire remonte à mai 2017 lorsque l’ONG Zero Waste épingle la mauvaise gestion des déchets par McDonald’s France. La publication de ce rapport est suivie par le dépôt d’une plainte au tribunal de grande instance de Paris car le tri à la source des déchets relève d’une obligation réglementaire, issue du décret du 10 mars 2016, dit décret ‘Cinq flux’.

Entreprises, commerces et administrations doivent désormais trier leurs déchets de papier, métal, plastique, verre et bois. Selon l’ONG, McDonald’s produit un kilogramme de déchets d’emballages chaque seconde en France, dont la majorité sont envoyés en incinération et en décharge au lieu d’être recyclés.

La lutte contre le plastique s'accélère en France et aux Pays-Bas

Alors que la lutte contre les déchets plastiques est devenue une priorité politique en Europe, la France et les Pays-Bas ont  chacun lancé des stratégies nationales pour aller plus loin que l’UE.

Plans de gestion à la loupe

Dans le sillon de l’ONG, le ministère de la transition écologique avait demandé aux principales chaînes de la restauration rapide, fin janvier, de plancher sur un plan concret de tri des déchets d’ici fin mars. Et une fois n’est pas coutume, une secrétaire d’État a nommé les enseignes récalcitrantes. Le ministère, qui examine actuellement les dossiers des autres enseignes, devrait se prononcer d’ici fin avril.

Sanctions à la clé

Selon le ministère, une cinquantaine de contrôles effectués par les inspecteurs de l’environnement sur le territoire ont montré qu’aucune enseigne de restauration rapide ne respectait totalement l’obligation de tri des déchets, qui vise aussi les biodéchets. Selon la réglementation, le non-respect du décret ‘Cinq flux’ expose à des sanctions administratives allant jusqu’à la fermeture de l’établissement. L’absence de tri à la source des déchets organiques peut, elle, conduire à deux ans de prison et 75 000 euros d’amende.

Multiplication des interdictions pour le plastique jetable

La loi Egalim, qui élargit l’interdiction du plastique jetable en France, est loin d’être isolée sur la scène internationale. Si l’industrie fait pression pour limiter ces interdictions, elle expérimente aussi des stratégies d’adaptation, explique notre partenaire, La Tribune.

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