Vers du plastique 100 % recyclé ou renouvelable dans la filière des softs d’ici à 2030

Les fabricants de boissons non alcoolisées en Europe ont révélé leurs nouvelles ambitions pour 2030 ce lundi 22 février, annonçant leur volonté d’atteindre 100 % de matériaux recyclés ou renouvelables dans les bouteilles en plastique d’ici à la fin de la décennie. [kondr.konst / Shuterstock]

Les producteurs de boissons non alcoolisées en Europe ont révélé leurs nouvelles ambitions pour 2030 ce lundi 22 février, annonçant leur volonté d’atteindre 100 % de matériaux recyclés ou renouvelables dans les bouteilles en plastique d’ici à la fin de la décennie.

À l’occasion du lancement de sa vision 2030 sur l’éco-conception ce lundi 22 février, le groupe industriel UNESDA entend se tourner vers les emballages 100 % recyclés d’ici à 2025, date à laquelle 50 % des bouteilles PET devraient être fabriquées de façon recyclable.

Se projetant déjà en 2030, l’association des soft-drinks a déclaré que 100 % de ses bouteilles en plastique seraient 100 % recyclées ou renouvelables « pour autant que cela soit techniquement et économiquement possible ».

« Nous œuvrerons pour atteindre la pleine circularité des matériaux dans les bouteilles [en plastique] », a fait savoir Ian Ellington, membre exécutif de Pepsico Europe et président d’UNESDA.

L’UE est à la traîne pour le recyclage du plastique

Sans un changement de cap, l’UE n’atteindra pas ses objectifs en matière de recyclage du plastique, prévient la Cour des comptes européenne. Il est prévu que 50% des emballages soient recyclés d’ici à 2025. Un article d’Euractiv Italie.

« D’après nous, les emballages sont une ressource qui ne devrait jamais être gaspillée. De ce fait nous lançons de nombreuses actions afin d’atteindre la pleine circularité et de soutenir le programme de la Commission européenne visant à accélérer la transition vers une économie soucieuse de l’environnement », a-t-il mis en avant dans un communiqué.

Bruxelles a révélé son nouveau plan d’action pour l’économie circulaire en mars de l’année dernière, avançant que le document introduira des critères contraignants d’ici à la fin de 2021 sur l’utilisation du plastique recyclé dans les secteurs de l’emballage, de la construction et de l’automobile.

Cette démarche vise à accroître la demande pour le plastique recyclé et à créer un marché paneuropéen pour les matériaux de seconde main, qui de nos jours sont souvent plus chers que les produits vierges.

Les nouveaux engagements de l’UNESDA vont un cran plus loin que les exigences réglementaires actuelles de l’UE. La directive sur les produits en plastique à usage unique adoptée en 2019 exhorte les sociétés à intégrer au moins 25 % de matériaux recyclés dans leurs bouteilles en plastique d’ici à 2025, en vue d’atteindre les 30 % d’ici à 2030 toutes bouteilles confondues.

Néanmoins, afin d’atteindre ces objectifs, l’association européenne des softs a fait savoir qu’il était nécessaire pour les décideurs politiques de redoubler d’efforts sur le plan du recyclage et de la collecte, la réduction et la réutilisation des déchets.

Pour ce faire, il convient de créer des systèmes de recyclage et de collecte fermés, ainsi que des mécanismes à grande échelle de reprise d’emballages, soutient l’UNESDA.

« Nous allons plus loin que la législation en la matière », a renchéri Nicolas Hodac, secrétaire général de l’UNESDA, dans un entretien avec EURACTIV, admettant tout de même que les objectifs de l’industrie étaient en partie liés aux stratégies de soutien mises en place au niveau national et européen.

« Nous avons besoin d’un cadre pour nous permettre d’atteindre » ces objectifs, a-t-il poursuivi. « Nous avons besoin d’un marché unique efficace en matière d’emballages et de déchets d’emballage. Nous devons également avoir accès aux matériaux de seconde main. Il s’agit là d’un domaine où la Commission européenne peut intervenir, car il y aura énormément de concurrence pour les matériaux recyclés. »

L’environnement, victime de la mode éphémère

L’UE doit introduire des mesures strictes pour endiguer la surconsommation dans l’industrie de la mode éphémère et renforcer le recyclage des textiles si elle souhaite atteindre le zéro émission nette et l’économie zéro déchet d’ici à 2050.

Sans participation de l’exécutif européen, « cela sera beaucoup plus compliqué », a-t-il révélé.

En effet, il est de plus en plus difficile pour l’industrie d’avoir accès à des quantités suffisantes de matériaux plastiques recyclés. Même lorsque les bouteilles en plastique sont collectées dans des sacs différents, elles se retrouvent très souvent mélangées avec d’autres déchets plastiques, ce qui rend le tri difficile.

En fin de compte, le plastique de haute qualité utilisé dans les bouteilles PET de qualité alimentaire termine souvent sa course « contaminé » par d’autres plastiques, dont certains contiennent des agents toxiques désormais interdits en Europe.

« La différence entre les autres et nous réside dans notre besoin [de plastique recyclé de qualité alimentaire] », a expliqué monsieur Hodac. Interrogé sur les plastiques recyclés présents sur le marché des matériaux de seconde main, ce dernier a répondu qu’« on les retrouvait un peu partout ».

« Ce que nous ne voulons pas, c’est que les “bons” matériaux se retrouvent dans des produits qui ne requièrent pas ce type de qualité. »

Malgré ces défis, M. Hodac a déclaré que les membres de l’association, qui inclut des sociétés comme Pepsico, Coca-Cola, Danone et Nestlé, s’alignaient tout à fait sur la nouvelle vision de la filière. Nos membres croient fermement dans la circularité [des matériaux].

Néanmoins, le président de l’UNESA est resté vague sur la question des investissements nécessaires pour mener à bien cette nouvelle stratégie. « Cela nécessitera des investissements à hauteur de plusieurs millions d’euros », a-t-il fait savoir sans s’étendre davantage sur le sujet.

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