Un club de foot espagnol transforme les déchets de ses fans en engrais bio

Le club de foot espagnol Real Sociedad transforme en compost les déchets des graines de tournesol dévorés durant  les matchs. Un engrais bio que les agriculteurs locaux apprécient.

En Espagne, tout match de foot s’accompagne inévitablement de grignotage de graines de tournesol : les «pipas».

À la fin des matchs, le sol des stades  se retrouve couvert de déchets végétaux : l’enveloppe des graines est nonchalemment jetée par terre par les fans. C’était du moins le cas d’Anoeta, le stade où le Real Sociedad, un club de foot de première division, joue ses matchs à domicile. Le club, situé à Saint-Sébastien au Pays basque, a décidé de mettre fin à cela.

Avec l’aide d’une entreprise paysagiste et de Kutxa Ekogunea – une fondation soutenant le développement durable – le club a lancé « Anoetatik Gipuzkoako Baratzetar » (D’Anoeta aux potagers du Gipuzkoa). Le Gipuzcoa étant l’une des sept provinces du Pays basque.

Le projet vise à gérer les déchets du stade et notamment, réutiliser les tonnes d’enveloppes de graines de tournesol jetées chaque année.

« Lors des évènements sportifs, il y a une sorte d’ignorance active de la production de déchets. Le travail à accomplir était énorme. Surtout avec les graines de tournesol… », explique Amaia Otazo, en charge de la consommation responsable à Kutxa Ekogunea.

Le projet

L’idée est simple. Avant chaque match et pendant quelques semaines, un groupe de volontaires fournissent aux supporters des boites biodégradables recyclables pour y déposer leurs coquilles pendant le match et leur expliquent l’initiative.

Les supporters sont ensuite invités à jeter les boites dans des poubelles réservées exclusivement à cette collecte.

« Le plus dur a été de convaincre les supporters de ne pas jeter leurs déchets», constate Amaia Otazo, « mais en fin de compte, en faisant appel à leur sens des responsabilités ça a marché. »

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« Une fois que les coquilles sont collectées, elles sont transportées dans les fermes qu’Ekogunea possède en ville. Là-bas, elles sont mélangées avec des tas de compost frais. Un an plus tard, elles se sont transformées en engrais biologiques qui peuvent être utilisés dans le réseau de potagers locaux.

« Nous sommes impatients non seulement de présenter le projet, mais aussi de montrer les tomates et les laitues qui ont poussé grâce aux pipas collectés à Anoeta », se réjouit Andoni Iraola, président de la Fondation Real Sociedad.

L’installation de poubelles a eu un impact positif dépassant sa fonction initiale, menant au tri d’autres déchets dans le stade. Les autres types de déchets sont donc plus faciles à recycler.

« Nous avons un double objectif », explique Andoni Iraola. « D’une part, si nous faisons un tri collectif, nous donnons de la valeur à quelque chose qui n’en avait pas. Et d’autre part, le club veut commencer à établir une nouvelle culture chez les supporters qui viennent voir les matchs. »

« En termes de recyclage et de soin pour l’environnement, nous, dans les stades de football, nous étions vraiment à la traine par rapport à la société », poursuit-il. « Nous demandons donc aux supporters d’assumer leurs responsabilités face à l’environnement. »

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Projet communautaire

Le projet est le résultat d’un travail de coopération entre plusieurs organisations dans le Gipuzkoa. « Nous avons essayé d’impliquer la communauté », assure Andoni Iraola.

Espacios Intermedios, une entreprise d’aménagement paysager dirigée par deux femmes, a eu l’idée du projet et aide maintenant avec sa mise en œuvre. Ekogunea s’occupe de la gestion des déchets et possède le réseau de potagers locaux. Quant aux liens avec les supporters, ce sont des volontaires qui s‘en chargent en fournissant des boites et en sensibilisant sur la nécessité de recycler.

Les volontaires sont des membres d’Aztegi, une organisation qui travaille avec des personnes atteintes de handicaps mentaux dans le Gipuzcoa. Et le sponsor est Ekotrade.

« Et pour en faire une réussite, le projet s’accompagne d’une campagne de communication », souligne Andoni Iraola. « Bref, nous n’aurions pas pu faire ça tout seuls. »

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