Transition écologique : personne ne sera laissé de côté, assure Frans Timmermans à l’Assemblée Nationale

Mercredi 8 décembre, les députés français ont organisé un échange avec Frans Timmermans afin d’aborder les travaux et positions de la Commission européenne sur divers sujets liés à la transition écologique. [Alexandros Michailidis / Shutterstock]

Une transition écologique inclusive et ambitieuse, telle est la promesse de Frans Timmermans, le vice-président exécutif de la Commission européenne en charge du Pacte Vert.

Auditionné par la commission des affaires européennes et par la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée Nationale, il a insisté sur l’importance de ne laisser « personne de côté ».

Mercredi 8 décembre, les députés français ont organisé un échange avec Frans Timmermans afin d’aborder les travaux de la Commission européenne sur divers dossiers liés à la transition écologique, allant du marché carbone à l’hydrogène, en passant par l’évolution de la filière automobile, le nucléaire dans la taxonomie verte, ou encore le calendrier du paquet Fit for 55.

« Nous savons qu’il y aura un travail important de négociations à mener [par la Commission européenne] », a souligné Laurence Maillard Méhaignerie, présidente de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée Nationale. « De même qu’un travail de conviction, car, in fine, ce sont les modèles économiques et les chaînes de valeur [qui sont] à revoir, les modes de vie et des emplois qui sont, eux aussi, profondément transformés » par la transition écologique.

Impactés dans leurs quotidiens par des mesures liées à la transition écologique, les européens, particuliers comme entreprises, pourraient en effet se sentir exclus, voire subir cette transition. Et une nouveau mouvement du type Gilets jaunes pourrait survenir si le marché carbone européen était étendu au secteur du transport routier et au secteur du bâtiment, comme alertait déjà Pascal Canfin il y a quelques mois.

Mais Frans Timmermans l’assure, «  personne ne sera laissé de côté, abandonné dans cette transition ». « On doit montrer par des pas concrets (…) que nous avons le soucis du social. La transition sera sociale ou ne sera pas ! » a-t-il insisté.

Un « fonds social d'action climatique » pour protéger les citoyens contre la hausse du prix du carbone

Le mois prochain, la Commission proposera un ensemble de mesures visant à réduire plus rapidement les émissions de gaz à effet de serre au cours de la présente décennie.

L’industrie française aux aguets

Certaines filières industrielles, plus concernées que d’autres par la transition écologique, ont fait l’objet de questions des députés et, en conséquence, d’un éclairage plus précis par le vice-président. Exemple avec le nucléaire et son intégration, ou non, dans la taxonomie européenne sur la finance verte.

A ce sujet, Frans Timmermans a précisé : « La taxonomie n’a qu’un seul objectif, celui d’apporter de la transparence aux épargnants et aux investisseurs qui veulent que leur argent soit utile à nos objectifs environnementaux ».

« Le choix d’utiliser le nucléaire, ou pas, revient uniquement aux Etats membres, et la Commission soutiendra, supportera et aidera les Etats membres qui feront ce choix » a-t-il souligné.

D’une manière plus générale, Frans Timmermans s’est exprimé sur la politique commerciale de l’Europe, qui selon lui, doit s’adapter face aux efforts des industriels européens en matière de réduction de gaz à effet de serre.

La Commission européenne travaille pour que les contraintes mises sur la production européenne soient également appliquées aux produits importés, a souligné le vice-président de la Commission. « Et il faudra aussi changer le mode opératoire de l’Organisation Mondiale du Commerce pour aller dans cette direction. Il est important de mettre nos relations commerciales sur la même trajectoire que celle de l’économie durable » a-t-il ajouté.

Un positionnement qui correspond avec les axes prioritaires du président de la République, Emmanuel Macron. Celui-ci a annoncé, jeudi 9 décembre, que la Présidence Française du Conseil de l’Union européenne conciliera ambitions économiques et ambitions climatiques.

« Relance, puissance, appartenance » : la France présente ses priorités pour la PFUE

Réforme de Schengen, Europe de la Défense, nouveau modèle européen… Emmanuel Macron a présenté les ambitions que la France compte porter au cours de sa présidence du Conseil de l’UE au premier semestre 2022.

Subscribe to our newsletters

Subscribe