Un nouveau contrat de filière dédié à la valorisation des déchets

L’État et des entreprises spécialisées dans la transformation et la valorisation des déchets ont signé, le 18 janvier, un nouveau contrat de filière. L’occasion pour les professionnels de demander des moyens supplémentaires pour l’économie circulaire. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

En 2025, les tonnages annuels mis en décharge en France devront être divisés par deux par rapport à 2010. En parallèle, le taux de recyclage-compostage devra avoir progressé jusqu’à 65 %. Pour atteindre ces objectifs issus de la loi sur la transition énergétique, « une mutation profonde de l’industrie de la transformation et de la valorisation des déchets » est nécessaire, rappelle la Confédération des métiers de l’environnement, qui réunit la Fnade (Fédération nationale des activités de la dépollution et de l’environnement) et Federec (Fédération des entreprises du recyclage).

« Pour transformer nos métiers, il nous faut de l’ambition (…) et des finances que vous nous donnerez, j’espère », a déclaré le PDG du groupe Suez Jean-Louis Chaussade, qui administre cette nouvelle filière dédiée à la transformation et la valorisation des déchets. Un message adressé aux ministères de la transition écologique et de l’économie et des finances, co-signataires du contrat, alors que la transformation du secteur a été évaluée à 4,5 milliards d’euros d’investissements par les professionnels.

Incorporer des matières recyclées 

Selon ce contrat de filière, les acteurs visent avant tout à accroître l’incorporation de matières recyclées grâce à une collaboration entre professionnels du recyclage et industries utilisatrices. Une solution connue de longue date, mais qui peine à s’installer faute de dispositif incitatif dans l’Hexagone. Cette solution ne doit pas non plus se cantonner aux matières plastiques, contrairement aux engagements volontaires annoncés le 2 juillet dernier par différents secteurs, dont les emballages, l’automobile et le bâtiment.

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Autre piste identifiée dans ce contrat : l’expérimentation d’un « mécanisme économique incitatif », qui repose sur un système de bonus-malus des éco-contributions versées par les metteurs sur le marché. Celles-ci seront ainsi réduites en fonction du taux d’incorporation de matières recyclées, comme c’est déjà le cas dans la filière des emballages, du papier et des meubles. Ce dispositif devrait être intégré au projet de loi sur l’économie circulaire que le ministère de la transition écologique doit présenter en conseil des ministres avant l’été. Son efficacité dépendra du pourcentage appliqué aux bonus et aux malus.

CSR, robotisation et éco-conception 

Autre objectif visé par ce contrat de filière : la création d’une véritable filière de consommation des combustibles solides de récupération (CSR) issus de l’incinération. Aujourd’hui, ces combustibles sont seulement utilisés par les cimenteries.

Pour accélérer le recyclage, les professionnels s’engagent aussi à accélérer la robotisation des centres de tri, en s’appuyant notamment sur la R&D ciblant l’intelligence artificielle et le « deep-learning ».

Pour déployer l’éco-conception –le cœur du problème– la filière s’appuiera sur un centre d’expertise ad hoc, permettant d’identifier les produits et matières non recyclables et d’éviter un nouveau scandale comme celui du PET opaque.

Enfin, la feuille de route de cette filière mentionne la croissance des PME du secteur via l’accélérateur dédié de la BPI France et Stratexio (Programme d’accompagnement stratégique des PME françaises à l’international proposé par le Medef) et l’accompagnement des mutations du secteur en matière d’emplois.

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