Un rapporteur spécial de l’ONU enquêtera sur les boues toxiques en Hongrie

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Deux ans après que des boues toxiques d’une usine d’aluminium sont passées outre un barrage à l’ouest de la Hongrie, un haut représentant des Nations unies devrait se rendre sur place pour enquêter sur l’impact de cet incident mortel sur les droits de l’Homme et l’environnement.

 

Un mur de confinement du site industriel s'était écroulé dans l'après-midi du 4 octobre 2010, déversant des coulées de boue rougeâtre polluées à l'arsenic sur la ville voisine d'Ajka et plusieurs villages.

 

Dix personnes ont perdu la vie après avoir été contaminées et au moins 150 autres ont dû suivre un traitement après avoir été exposés à cette boue toxique. Les cours d'eau et rivières environnantes ont également été contaminés.

 

Le rapporteur spécial des Nations Unies Calin Georgescu se rendra sur le terrain pour le second anniversaire de la catastrophe, dans le but d'enquêter sur l'impact environnemental éventuel des produits chimiques et autres substances dangereuses sur les cours d'eau, les travailleurs et les populations qui vivent près du site, a annoncé le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme.

 

« J'examinerai les obstacles en travers du cadre juridique et politique en lien avec la gestion des déchets et des produits chimiques. J'envisagerai également des alternatives pour protéger la population de l'impact de ces substances dangereuses », a déclaré M. Georgescu dans un communiqué.

 

C'est la première fois qu'un représentant de l'ONU pour les droits de l'Homme spécialisé dans les catastrophes naturelles se rend en Hongrie.

 

Cet incident a poussé le gouvernement hongrois à décréter l'état d'urgence et à activer le mécanisme de protection civile de l'UE, dans le cadre d'un accord d'aide mutuelle avec les autres pays européens.

 

Quelque 1,1 million de mètres cubes de boue toxique ont déferlé sur les zones résidentielles et les cours d'eau voisins suite à l'effondrement du barrage sur le site de la MAL Aluminium Production and Trade Company. Les autorités hongroises ont qualifié cet événement de pire incident chimique jamais survenu dans le pays.

L'entreprise a dû payer 477 millions d'euros d'amende pour les dommages environnementaux causés l'an dernier. En septembre, la direction de l'usine et 14 employés ont été poursuivis en justice pour négligence criminelle.

 

Des fuites telles que celles de l'usine d'Ajka sont relativement rares et la pollution industrielle de nombreuses rivières européennes a baissé depuis les années 1960. Les lois plus strictes sur le traitement des eaux, la coopération internationale et les politiques européennes comme la directive-cadre sur l'eau de 2000 et la directive sur les eaux souterraines de 2006 ont permis d'améliorer la situation.

 

Au cours de sa visite de six jours, M. Georgescu enquêtera sur l'assainissement de la zone, les réparations en faveur des victimes et les efforts consentis afin d'éliminer la menace pour les travailleurs et les habitants qui vivent près de l'endroit où sont menées ces opérations hautement polluantes, a fait savoir l'ONU.

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