L’UE ne défend pas l’économie circulaire

DISCLAIMER: Toutes les opinions affichées dans cette colonne reflètent l'avis de l'auteur, pas celle d'EURACTIV.COM Ltd.

Alfred Rosales [Federec]

Avec le recul des prix des matières premières, l’économie linéaire reprend ses droits. Sans que l’UE ne fasse quoi que ce soit.

Alfred Rosales est le directeur général de FEDEREC, une organisation qui regroupe les acteurs du recyclage en France et promeut la valorisation des déchets depuis 1945.

Nous sommes aujourd’hui confronté depuis maintenant plusieurs mois à une baisse importante du prix du pétrole qui confirme un ralentissement mondial entrainant également à la baisse de manière significative et historique les matières premières vierges,  et dans leur sillage celles des matières issues du recyclage. 

Comme le minerai de fer et le charbon à l’origine de la révolution industrielle du 19è siècle, la ferraille est aujourd’hui un des piliers de l’économie circulaire avec des taux de recyclage supérieur à 90 %. Elle contribue avec les autres métaux non-ferreux les principaux contributeurs à une réduction substantielle de l’empreinte carbone et à une l’efficacité énergétique remarquable de l’industrie de notre vieux continent européen sans pétrole.

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Cependant, force est de constater que l’économie linéaire reprend le dessus. En témoignent, les importations massives de billettes d’acier d’origine chinoise, qui viennent depuis le début de 2015, percuter le marché européen des ferrailles.

L’économie circulaire est aujourd’hui fragile et ne pourra s’imposer que si les externalités environnementales et sociétales sont intégrées dans la construction des prix de marché de celui des matières premières. L’Europe tarde à prendre des décisions pour favoriser l’économie circulaire et limiter l’impact de la concurrence déloyale des matières premières vierges qui n’intègrent pas les coûts induits de leur impact environnemental et sociale.

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Les matières issues du recyclage par leurs bénéfices environnementaux (KWh/t économisés et tonnes de C02 évitées) et leur contribution sociale et économique constituent un facteur clé de succès de notre révolution circulaire qu’il faut définitivement mettre en œuvre et développer au delà de la COP21 et surtout préserver comme le font les USA par une régulation antidumping dissuasive.

Rendons aux matières premières issues du recyclage leur place dans notre économie et investissons dans notre révolution circulaire et sociétale.

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