Soins post-AVC en Pologne : des améliorations sont possibles

Les soins post-AVC commencent à l’hôpital et comprennent, entre autres, des massages, de la kinésithérapie et de la thérapie par compression. [SHUTTERSTOCK/Robert Kneschke]

La Pologne enregistre 70 000 accidents vasculaires cérébraux (AVC) par an, et bien que la rééducation financée par l’État ne soit pas la pire en Europe, elle pourrait être améliorée, a expliqué à Euractiv Pologne le directeur adjoint de la fondation pour les soins post-AVC du pays.

Chaque année, environ 1,1 million de personnes sont victimes d’un AVC en Europe, dont 60 à 70 000 en Pologne, sur lesquelles 30 000 ne survivent pas. Les survivants sont quant à eux confrontés à un risque élevé d’invalidité permanente.

L’accident vasculaire cérébral peut entraîner divers troubles, tels que des problèmes d’élocution, de déglutition, d’écriture et de mémoire.

Il est donc essentiel d’offrir aux patients victimes d’un AVC l’éventail le plus large possible de traitements de réadaptation, pour leur permettre de se rétablir au moins partiellement.

Les soins post-AVC commencent à l’hôpital et comprennent, entre autres, des massages, de la kinésithérapie et de la thérapie par compression.

Après sa sortie de l’hôpital, le patient doit poursuivre sa récupération active. En Pologne, la thérapie post-AVC en milieu hospitalier est financée par l’État.

En Pologne, les patients ayant subi un accident vasculaire cérébral ont accès à 16 semaines de rééducation, explique Adam Siger, vice-président de la Fondation polonaise pour les accidents vasculaires cérébraux (Fundacja Udaru Mózgu).

« Les patients ont droit à 80 séances de soin pendant un an après un AVC, avec la possibilité de prolonger cette période si l’état de santé de la personne qui a subi l’accident l’exige », a indiqué M. Siger à Euractiv.

Il s’agit de rééducation à domicile, mais aussi d’une hospitalisation de rééducation dans une clinique, et ce durant cinq à six heures par jour.

En France, l’absence de plan national d’actions AVC pèse lourdement sur les victimes et leurs familles

En France, l’accident vasculaire cérébral (AVC) est la deuxième cause de mortalité après le cancer. Pourtant, il n’existe à ce jour aucun plan national de prévention des AVC ou de prise en charge des patients et de leurs familles après un accident.

La rééducation est encore trop peu accessible

Pourtant, seuls 30 % des patients ayant subi un accident vasculaire cérébral ont recours à une thérapie remboursée par l’État, selon M. Siger.

« Cela s’explique par le fait que la demande est supérieure à l’offre. De plus, tous les patients ne remplissent pas les conditions requises pour bénéficier d’une rééducation en clinique en raison de la gravité de leur état post-AVC », explique-t-il.

De nombreuses unités ne disposent pas de l’équipement spécialisé nécessaire au traitement de certaines complications post-AVC.

« Les patients peuvent avoir besoin d’une alimentation entérale ou d’une aspiration, par exemple. L’aphasie entrave également la rééducation. Un autre problème est le nombre insuffisant de places dans les services de rééducation ».

Les personnes dont l’état de santé nécessite des ressources supplémentaires sont contraintes d’utiliser les services de centres de santé privés ou se retrouvent dans des établissements de soins.

« En termes de qualité de la rééducation post-AVC, la Pologne se situe au milieu du classement européen », a précisé M. Siger.

« Nous ne pouvons pas nous comparer à l’Allemagne, à la Suisse ou à la Belgique, mais nos soins de santé se situent au même niveau, voire à un niveau supérieur, qu’en Italie, en France ou au Portugal. »

En Espagne, des associations demandent le « rétablissement de la dignité » des victimes d’AVC

En Espagne, les experts et les associations de patients saluent la qualité des traitements post-AVC, mais demandent que plus d’attention et de ressources soient accordées pour résoudre les défis de la gestion pluridisciplinaire dont les patients ont besoin une fois sortis de l’hôpital.

Améliorations possibles

Interrogé sur ce qui pourrait être amélioré dans le traitement post-AVC en Pologne, M. Siger a cité la communication.

« Après un accident vasculaire cérébral, le patient reste à l’hôpital pendant sept à dix jours. Il sort ensuite de l’hôpital et ne sait pas vraiment ce qu’il doit faire ensuite, contrairement aux patients cardiaques. Il n’existe pas de soins coordonnés pour les patients victimes d’un AVC », a-t-il indiqué.

La Fondation polonaise pour les accidents vasculaires cérébraux tient la seule ligne d’assistance téléphonique en Pologne pour les patients victimes d’un accident vasculaire cérébral et leurs familles.

« Les gens nous appellent souvent pour poser des questions sur les différents aspects de la vie après un accident vasculaire cérébral. En Pologne, les patients victimes d’un AVC manquent d’informations et de conseils », a déclaré M. Siger.

Le nombre d’accidents vasculaires cérébraux est en augmentation en Pologne, y compris chez les enfants.

Les facteurs de risque sont le stress, l’hypertension, le diabète, le tabagisme, la consommation de drogues, l’obésité et l’abus d’alcool. Le risque d’AVC augmente avec l’âge et les hommes sont plus susceptibles d’en souffrir.

Les accidents vasculaires cérébraux sont la principale cause d’invalidité chez les Polonais en bonne santé, 30 % des cas se soldant par un handicap. Pourtant, les responsables politiques négligent encore largement cette question.

« En tant que fondation pour les AVC, nous manquons d’outils appropriés pour faire pression sur les autorités. Nos patients sont principalement des malades, des personnes âgées qui ont dépassé l’âge de travailler », souligne M. Siger.

« Nous comptons toutefois présenter aux législateurs notre proposition de version polonaise du plan d’action contre les AVC pour l’Europe, qui contiendrait des recommandations sur ce qu’il faut faire pour que les patients bénéficient de l’accès le plus large possible aux différents types de services post-AVC. Jusqu’à présent, aucune organisation ne propose une telle stratégie ».

Les lourdes conséquences du manque de soins post-AVC en Europe

La majorité des pays européens ne dispose pas de plan de prise en charge pour les survivants d’accidents vasculaires cérébraux, et manque ainsi une occasion d’alléger un fardeau qui pèse sur des systèmes de santé déjà très sollicités.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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