Onze millions d’euros pour développer la filière algues

Un financement européen sur quatre ans vise à encourager l’innovation des entreprises. Il s’agira notamment de développer l’algoculture face à la raréfaction de cette ressource naturelle. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Quel est ce nouveau projet ?

Baptisé Genialg, ce projet est l’un des deux lauréats de l’appel à projets européen Horizon 2020 « Croissance Bleue ». Piloté par la station biologique de Roscoff (Finistère), il implique un soutien financier à hauteur de 11 millions sur quatre ans. Son objectif : développer la filière algues en aidant les entreprises, prioritairement françaises, à augmenter leurs capacités de production. Certaines recevront plusieurs centaines de milliers d’euros, notamment pour développer des prototypes à l’échelle industrielle, en lien avec des laboratoires, eux aussi soutenus par Genialg.

Quels sont les axes principaux ?

Il s’agit, en premier lieu, d’augmenter la production d’algues, « car les ressources naturelles ne sont pas inépuisables, explique Philippe Potin, coordinateur. En Bretagne, on a atteint les limites. D’autres pays, comme le Royaume-Uni, sont déjà en restrictions ». Parallèlement, « la demande augmente dans tous les secteurs : algues alimentaires, cosmétiques… » Il s’agit aussi de faire en sorte que 100 % de l’algue soit traitée et valorisée. « Par exemple, aujourd’hui, l’exploitation de laminaires en Bretagne (alginates), c’est 60 % de sous-produits perdus, alors qu’ils pourraient servir à d’autres industries. »

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Comment se situe la Bretagne ?

Si en France, le marché de l’algue pèse quelque 400 millions d’euros, c’est en grande partie grâce à la Bretagne et « son tissu d’entreprises assez unique en Europe ». Parmi les participants au programme, on peut citer Olmix, à Bréhan (Morbihan), spécialisée dans la nutrition santé ; Algaia, de Saint-Lô, qui vient de racheter Cargill à Lannilis (Finistère) et fabrique des agents de texture ; ou encore Lessonia, à Saint-Thonan (Finistère), qui crée des ingrédients et actifs cosmétiques. Seront également accompagnées des sociétés dans les biomatériaux (plastique biodégradable conçu à partir de sous-produits) et la pharmacie.

Quid de la production d’algues ?

Avec quinze fermes de culture, la Bretagne est la première région productrice d’Europe. Mais ce n’est pas ici que sera testée la production industrielle. « Au Portugal, une entreprise est prête à se lancer. » Pour le moment, cette production ne trouve pas suffisamment de clients en raison d’un prix élevé. « L’un des enjeux du projet, c’est donc de lui offrir un marché. »

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