«L’IA et l’économie circulaire seront les moteurs de la croissance européenne»

Alors que la Commission européenne accueille les Journées européennes de l’industrie, Jyrki Katainen fait le bilan des progrès de l’industrie européenne depuis 2014.

Jyrki Katainen est le vice-président de la Commission européenne en charge de l’emploi, de la croissance, de l’investissement et de la compétitivité. Il a aussi été Premier ministre de la Finlande.

Que pensez-vous de la stratégie de politique industrielle menée par la Commission ? L’industrie européenne se porte-t-elle mieux qu’en 2014 ?

Je pense que l’industrie européenne est en meilleure forme aujourd’hui grâce à la hausse des investissements. Cela nous a permis de renforcer nos secteurs industriels et donc d’améliorer notre position sur la scène internationale.

Sans un secteur industriel robuste par exemple, nous n’aurions pas pu signer le récent accord de libre-échange avec le Japon, qui est un accomplissement majeur.

Mais le niveau des investissements n’est-il pas bien en-dessous du niveau d’avant la crise ?

Il est vrai que nous sommes encore un peu en dessous, mais nous allons dans la bonne direction.

L’UE est sous la pression politique, géopolitique et économique tant au niveau intérieur qu’international. Tout cela met en péril l’investissement et l’innovation en Europe. Êtes-vous inquiet des conséquences sur la compétitivité européenne ?

L’Europe est évidemment mise à l’épreuve, mais c’est aussi une époque de grandes opportunités. Nous avons de nombreuses raisons de nous réjouir.

Pour l’UE, les deux plus grands facteurs de croissance dans les prochaines années seront le paquet économie circulaire et le travail que nous avons fait dans le domaine de l’intelligence artificielle. Dans nos objectifs liés à l’économie circulaire, nous nous démarquons en tant que puissance mondiale dans la poursuite des Objectifs de développement durable.

Et dans notre approche européenne pour l’intelligence artificielle, nous encourageons l’utilisation de technologie dans le secteur public et privé avec des cadres d’investissement adaptés. Sans oublier de prendre en considération les aspects juridiques et éthiques, qui devront être en première ligne de la politique sur l’intelligence artificielle à mesure que celle-ci devient de plus en plus une réalité.

Votre propre pays, la Finlande, s’est lancé dans le projet ambitieux de former 1 % de sa population aux fondamentaux de l’intelligence artificielle. Cela pourrait-il servir de modèle pour les futurs programmes de formation, de recherche et de développement à travers l’UE ?

Cela pourrait en effet être un modèle. L’université d’Helsinki a mis en place un cours ouvert à tous appelé « Éléments de l’IA ». Le pays veut vraiment investir dans les connaissances de sa population dans la technologie. En parallèle, le ministre de l’Économie et du Travail a mis sur pied un groupe spécial chargé de la stratégie en matière d’IA.

Comment l'intelligence artificielle peut accélérer la transition circulaire

L’intelligence artificielle rendrait plus rapide l’écoconception des produits, simplifierait le développement de nouveaux business models plus économes en ressources et faciliterait le tri des déchets, relève un rapport publié à Davos. Un article de notre partenaire, La Tribune.

La maîtrise de l’IA est importante, car cela augmentera la productivité et changera la manière dont nous menons des activités, en permettant aux gens d’être plus résilients sur le marché du travail. Et pas seulement, l’intelligence artificielle peut améliorer la santé des gens, l’accès aux services publics. Nous devons faire attention à ce que personne ne soit laissé pour compte. Et c’est là que l’éducation entre en jeu.

Comment pouvez-vous garantir que la mise de fonds de neuf milliards dans l’Europe numérique aille à des projets qui offrent aux citoyens européens plus de mobilité dans le marché de l’emploi du numérique ?

Une partie de ce fonds ira à des investissements dans l’infrastructure numérique et la Commission veut s’assurer qu’une autre partie du budget aille à l’amélioration des compétences numériques de la main-d’œuvre européenne.

Les techniciens hautement qualifiés en analyse de données, cybersécurité et intelligence artificielle sont les experts les plus demandés dans l’UE. Or, nos États membres n’ont pas assez de personnes compétentes. Mieux former est indispensable pour répondre à cette demande.

En Europe, le numérique demeure un monde d’homme

La commissaire européenne à l’economie et à la société numériques, Mariya Gabriel, a plaidé en faveur d’une réponse collective pour mettre fin aux disparités entre hommes et femmes dans le monde du numérique.

 

 

 

Un document de stratégie récemment publié par une organisation professionnelle, Orgalim, réclame plus d’interactions pour développer les technologies et répondre aux défis sociétaux (notamment le changement climatique, la pression environnementale et le déséquilibre démographique). Que pensez-vous de cette vision ? Est-ce un bon moyen d’améliorer la compétitivité de l’Europe ?

Bien sûr. Nous ne pouvons pas faire face au défi climatique sans développement technologique. Des innovations sont nécessaires. L’innovation est indispensable pour la justice sociale et les objectifs environnementaux, et la technologie est au cœur de tout ce que nous faisons.

Comment la prochaine Commission peut-elle s’assurer que les citoyens des régions de l’UE les moins résilientes économiquement aient accès à l’emploi ? Et comment peut-elle leur donner confiance en le fait que l’industrie technologique européenne peut jouer un rôle sur la scène internationale ?

Je pense que nous devrions demander ça aux gens sur le terrain, dans les usines. J’ai essayé d’encourager les investissements, c’est ce qui leur donne du courage. Donc, espérons que cela rehausse la confiance générale dans les sociétés.

Nous avons fait de grands progrès dans la prise de conscience des problématiques environnementales. L’économie circulaire a renforcé la confiance de la population dans le fait que la croissance pouvait aussi être durable.

Grâce à l’approche innovante de l’UE pour l’industrie et des moyens de production plus innovants, nous avons pu leur montrer que la croissance pouvait être durable sur le long terme.

Le gaspillage d'Amazon bientôt interdit en France

Amazon a détruit environ trois millions de produits invendus en France en 2018. Une pratique qui sera bientôt interdite par la future loi française sur l’économie circulaire.

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