La coopération franco-allemande devrait être plus technologique

shutterstock_520375759 [Vasin Lee shutterstock]

A l’occasion du forum German-French Young leaders , Gonzague Dejouany a présenté un projet de fonds d’investissement franco-allemand ciblant  les smart cities. L’expert plaide pour une coopération technologique franco-allemande accrue.

Gonzague Dejouany est président et fondateur de la société The Nesting Company, qui accompagne des starts-ups et groupes industriels dans le secteur des smart cities. Il préside également le think tank Ensemble, à base franco-allemande, qui recueille actuellement des propositions pour renouveler la coopération entre les deux pays. 

Au German-French Young leaders forum, vous avez présenté un projet de fonds d’investissement franco-allemand pour les smart cities, que votre compagnie est en train de mettre sur pied. Pourquoi démarrer par l’axe franco-allemand ?

Pour sa capacité d’entrainement des autres pays. Les thématiques liées aux smart cities sont au cœur des préoccupations des acteurs privés et publics des deux pays, à savoir l’innovation, la recherche de nouveaux relais de croissance et les problématiques environnementales. Cela ne veut pas dire que le fonds sera fermé aux autres pays européens. Au contraire, il a une vocation européenne: il financera des projets actifs sur l’ensemble du continent et d’autres Etats membres pourront y prendre part. L’Europe a un savoir-faire dans le domaine des smart cities, un savoir-faire à exporter et qui peut constituer le fer de lance de sa présence à l’extérieur.

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Vingt-quatre pays de l’UE se sont engagés à se regrouper pour adopter une « approche européenne » vis-à-vis de l’intelligence artificielle, afin de concurrencer les géants technologiques américains et asiatiques.

L’Europe est pourtant souvent considérée à la traine sur le développement des start-up par rapport à son voisin américain…

L’Europe n’est pas en retard sur le développement des start-up mais sur leurs moyens financiers. Il existe de nombreuses start-ups européennes sur les technologies de la ville intelligente. Néanmoins, le développement de ces technologies demande des investissements colossaux, équivalents à ceux ayant permis d’installer les chemins de fer au moment de la révolution industrielle. Avec ce fonds d’investissement, nous cherchons à développer un mode de financement hybride, mobilisant des acteurs à la fois publics et privés.

Où en est le projet à l’heure actuelle ?

Il en est pour l’instant à ses tout débuts. Nous allons d’abord lancer un accélérateur de starts-ups, deux d’entre elles étant déjà partantes pour le projet. À termes, nous voulons mettre en place un véritable fonds ouvert à toutes PME innovantes dans le domaine des smart cities, et avec une partie dédiée aux starts-up ayant dépassé la phase de prototype. Le fonds sera spécialisé dans les entreprises développant des applications du concept de smart cities, à savoir visant à utiliser les nouvelles technologies pour des activités habituelles, classiques du mode de vie urbain.

Avez-vous des exemples concrets d’application de ce concept ? 

Je pense par exemple à l’entreprise Sonnen en Allemagne, qui propose des services de stockage d’énergie renouvelable. Les deux compagnies que nous allons accompagner pour notre accélérateur traitent de la propreté urbaine et de la mobilité.

Pour en revenir à la coopération franco-allemande, quels sont selon vous les autres vecteurs par lesquels pourrait être approfondie la coopération technologique entre les deux pays ?

Cette coopération pourrait également prendre un tour plus institutionnel, notamment dans le cadre d’un nouveau Traité de l’Élysée [annoncé par les leaders des deux pays en janvier]. Une idée serait d’y intégrer un statut d’entreprise transnationale. Notre think tank Ensemble rassemble actuellement des propositions, que nous souhaitons proposer aux leaders des deux pays d’ici fin 2018, l’une étant celle d’avoir un droit des affaires unifié au niveau européen.

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