La Grèce repose un petit pied sur les marchés

Le retour en bourse de la Grèce, un succès mitigé, malgré la reprise. [Paolo Gamba/Flickr]

Après trois ans d’absence, la Grèce a fait, mardi, un retour en bourse réussi. Pour Kostas Botopoulos, ancien président de l’autorité grecque des marchés financiers, la prudence s’impose. Un entretien de notre partenaire, Ouest-France.

Le premier test financier est une réussite ?

C’est un événement positif, plutôt qu’une réussite. Tout ce qui nous prépare à un retour à la normalité est bienvenu, mais ce n’est que cela. Pas plus. Le montant demandé aux marchés était bas, trois milliards.

Le taux était attractif pour les investisseurs…

Oui, avec un taux assez élevé de 4,6 % contre le taux de 1 % auquel la Grèce emprunte auprès des institutions européennes et du Fonds monétaire international (FMI). On voit le profit que peuvent en tirer les marchés, bien sûr. Ce n’est qu’un test. La normalité, ce serait le retour à la croissance, une intervention de l’État plus rationnelle et une place de la Grèce dans l’UE, sans soupçons.

Pour Moscovici, la Grèce entrevoit la «lumière au bout de l'obscurité»

Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a estimé lundi que la Grèce entrevoyait enfin la « lumière » après des années difficiles, estimant que les réformes imposées à Athènes avaient « sans doute été trop dures, mais nécessaires ».

Le gouvernement a baissé ses prévisions de croissance, de 2,7 % à 1,8 % pour 2017. Suffisant ?

Non, surtout pour un pays descendu si bas depuis sept ans. Le chômage reste très élevé, avec plus de 40 % chez les jeunes. L’État ne paye pas ses créanciers privés. L’amélioration des chiffres tient aux taxes qui continuent d’augmenter, malgré les promesses du gouvernement, mais ce qu’on appelle l’économie réelle n’a pas repris sa marche normale. C’est faux de dire que la croissance est déjà là.

Et la demande de remise de dette ?

Elle est toujours pertinente, mais n’est pas urgente. Le gouvernement Tsípras a voulu en faire une priorité pour des raisons politiques.

Quel développement à plus long terme la Grèce peut-elle viser ?

Notre pays n’a pas un large éventail, mais c’est malsain de s’appuyer uniquement sur le tourisme et les armateurs. D’autres possibilités existent. L’agroalimentaire produit maintenant avec excellence comme l’énergie, l’éducation, les nouvelles technologies. Le climat est favorable, la formation de nos jeunes aussi.

Grèce et Roumanie veulent des bons d'achat pour lutter contre la pauvreté

Un groupe d’États membres demande à la Commission européenne d’autoriser la distribution de bons d’achat au plus pauvres. Une manière d’aider moins chère et plus digne que les distributions de nourriture et de vêtements, estiment-ils.

>> Lire la suite sur Ouest-France.

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe