« La Grèce l’un des pays de l’UE qui utilise le plus de fonds européens »

Corina Cretu et Alexis Charitsis [European Commission]

La politique de cohésion de l’UE a soutenu la Grèce lors de la crise. Le programme de financement européen est donc précieux, estime Alexis Charitsis, ministre suppléant de l’économie grecque.

De quoi avez-vous discuté lors du Conseil des affaires générales de l’UE le 12 avril ? Quelles sont les intentions des États membres en ce qui concerne le budget dédié à la cohésion après 2020 ?

Avec d’autres collègues, j’ai souligné au cours du débat qu’il ne s’agissait pas d’un débat comme les autres ; il est très important que les États membres, à ce stade, adoptent une attitude unie dans le maintien et le renforcement de la politique de cohésion.

Pour la Grèce, la politique de cohésion n’est pas un instrument financier parmi tant d’autres, mais une stratégie intégrée pour la convergence des États membres, pour atténuer les disparités régionales et intrarégionales, pour soutenir l’économie réelle, l’esprit d’entreprise et l’emploi. Il est donc très important que le débat général sur le CFP après 2020 ne réduise pas la politique de cohésion. Malheureusement, certaines personnes parlent de réduire le budget de cette politique en raison d’événements comme le Brexit.

Nous pensons que la politique de cohésion fait partie de l’identité de l’UE. L’aspect financier ainsi que les procédures et les politiques de planification devront être améliorés au cours de la prochaine période. La grande majorité des États membres vont dans ce sens.

Pensez-vous qu’il faudrait prélever de l’argent sur le financement régional pour renforcer d’autres priorités comme la sécurité, l’immigration, etc. ?

En aucun cas. Nous avons fait des propositions détaillées. Je vous rappelle qu’il y a quelques semaines, j’ai présenté 10 positions du gouvernement grec pour la politique de cohésion. Le gouvernement grec, en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères, a de nouveau présenté il y a quelques semaines les positions grecques sur le CFP.

Nous avons fait des propositions concrètes sur la manière de mobiliser de nouvelles ressources financières, des fonds pour faire face à notre déficit. Et il est important pour nous que ces deux textes, à savoir celui du ministère de l’Économie visant à renforcer la politique de cohésion et le texte global du CFP, se complètent l’un l’autre. Ils ne sont pas, comme dans d’autres pays, si éloignés que cela.

La Grèce doit sortir du plan de sauvetage en août et le pays prépare sa propre « stratégie de croissance ». Quel est le rôle de la politique de cohésion à cet égard ?

Tout d’abord, je voudrais souligner la relation entre la politique de cohésion et ce qui s’est passé jusqu’à présent [en Grèce]. Ces dernières années, nous avons accompli de grandes choses dans l’utilisation des ressources de la politique de cohésion en Grèce, dans une situation économique et fiscale très difficile pour notre pays.

Nous avons expliqué cela au Conseil également : notre situation devrait servir d’exemple de l’importance de la politique de cohésion dans son ensemble.

Un pays en crise a été soutenu par la politique de cohésion. Permettez-moi également de souligner la coopération que nous avons eue avec les agences de l’UE pour atteindre ces résultats et faire de la Grèce l’un des pays de l’UE qui absorbe le plus de fonds européens.

Après le mois d’août, évidemment, les défis seront encore plus grands.

Nous voulons que les ressources disponibles pour les États membres ne soient pas simplement absorbées, mais qu’elles le soient d’une manière qui apporte une valeur ajoutée aux économies européennes.

Le président de l’Eurogroupe se montre optimiste sur l’avenir de la Grèce

La Grèce dispose d’un potentiel économique énorme et s’apprête à voler de ses propres ailes lorsque le plan de sauvetage de l’UE prendra fin en août, estime le président de l’Eurogroupe, Mário Centeno à l’agence de presse grecque ANA.

En ce sens, nous essayons de concevoir des programmes qui tirent parti des ressources disponibles et des fonds privés pour créer un flux d’investissement plus élevé maintenant que la situation de l’économie grecque s’améliore. Nous envisageons des interventions ciblées pour répondre aux besoins réels des entreprises grecques d’aujourd’hui, après toutes ces années de crise.

Il s’agit de soutenir les PME, de stimuler les secteurs secondaires, l’industrie et le secteur manufacturier, ce qui est très important pour nous, de promouvoir des politiques de lutte contre le changement climatique et de soutenir un aspect essentiel, la recherche et l’économie.

Ces projets, l’économie grecque en a besoin. Les réponses obtenues jusqu’à présent indiquent que la conception et la consultation de toutes les parties prenantes donnent des résultats tangibles. C’est ce que nous voulons renforcer dans les années à venir et, bien sûr, à mesure que les conditions s’amélioreront, elles deviendront plus favorables avec la sortie du pays du plan de sauvetage en août 2018 et nous aurons plus d’opportunités pour utiliser réellement ces fonds très importants.

Certains suggèrent de réduire les fonds régionaux et d’augmenter les fonds privés par le biais du plan Juncker. Que pensez-vous de cette approche ?

C’est une approche qui existe également dans des cercles plus larges à Bruxelles. À notre avis, ce dont nous avons besoin maintenant et au cours de la prochaine période budgétaire, c’est d’utiliser pleinement toutes les ressources financières disponibles. En ce sens, nous devons également renforcer les fonds régionaux et donc la politique de cohésion.

Ce sont les États membres, les régions et les autorités locales qui montrent mieux que quiconque quels sont leurs besoins réels à l’échelle nationale et régionale. Nous avons donc besoin de ce renforcement. À partir de là, cela pourrait être complété par l’utilisation des fonds du plan Juncker et d’autres programmes européens qui peuvent mobiliser des ressources privées dans cette direction et attirer davantage d’investissements.

Nous ne voyons pas d’opposition, mais bien une complémentarité. C’est notre logique et c’est ce que nous essayons de mettre en œuvre, pour l’instant avec succès. Ce n’est pas un hasard si, selon les annonces de la Commission européenne et de la BEI en février 2018, la Grèce occupe actuellement le premier rang en termes d’exploitation des ressources du plan Juncker.

C’est précisément ce que nous essayons de faire : utiliser ces ressources en complément des fonds structurels.

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