Sans se ruiner, l’État pourrait garantir un emploi vert pour 2,8 millions de chômeurs

La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili [CHRISTOPHE PETIT TESSON / EPA]

L’initiative sociale et environnementale « Un emploi vert pour tous » fait son chemin à l’Assemblée nationale. Elle coûterait bien moins cher que les aides du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), versées aux entreprises. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Sans se ruiner, l’État pourrait garantir un emploi vert pour 2,8 millions de chômeurs. Comment ? Chloé Ridel, porte-parole d’« Un emploi vert pour tous », explique la proposition qu’elle défend.

​En quoi consiste votre proposition de lutte verte contre le chômage ?

Plutôt qu’une garantie de revenus, comme le revenu universel, c’est une garantie à l’emploi pour 2,8 millions de chômeurs en France. Chaque année, ce chômage de masse coûte 36 millions d’euros. Pour environ la même somme d’argent public, nous proposons du travail aidé dans les activités éco-responsables, celles qui recrutent et qui permettent d’améliorer le bilan carbone national. Il s’agit de sortir de l’épreuve du chômage, insupportable pour qui l’a connue, des personnes qui deviendront des artisans de la reconstruction écologique.

Comment comptez-vous réussir, là où tous les gouvernements ont échoué ?

Selon France Stratégie, un emploi aidé par le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), versé aux entreprises, coûte 280 000 € par an aux finances publiques. Nous proposons une aide directe de 20 000 €/an, soit un Smic (il restera les charges). Nous nous appuyons sur le dispositif des Territoires zéro chômeur de longue durée, plus de cinquante, lancé en 2016, qui doit être élargi. Les 700 000 emplois créés ont été efficaces, mais ne suffisent pas. Les collectivités et les associations sont très demandeuses. Dans l’Ouest, les secteurs de Rostrenen et de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) sont candidats.

Comment définissez-vous un emploi « vert » ?

Nous nous basons sur les activités listées par les directions du ministère de la Transition écologique. Il y a beaucoup de demandes dans le recyclage, la réparation, l’économie circulaire. Dans l’agriculture et le maraîchage aussi, où la conversion agroécologique nécessite davantage de personnes. Les métiers dits verts ont connu une progression de 43 % ces dernières années.

Avez-vous des soutiens ?

Deux députés viennent de déposer des amendements pour ces contrats aidés. C’est une première victoire ! C’est bien que des élus se rendent compte qu’il y a urgence à agir, ne pas attendre 2022, pour lutter contre une situation aggravée par la pandémie. Notre pétition est en ligne, pour que cette proposition intègre la future loi Climat et résilience, en discussion à l’Assemblée.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer