Ursula von der Leyen attendue au tournant sur la politique sociale

epa07708009 Ursula von der Leyen the nominated President of the European Commission gives a press briefing following a meeting of Political groups Presidents at European Parliament in Brussels, Belgium, 10 July 2019. Von der Leyen is meeting alll groups about her nomination as the head of the European Commission, a vote will take place next week at plenary session of the parliament. EPA-EFE/OLIVIER HOSLET

Le groupe des travailleurs du Comité économique et social européen a salué les débuts d’Ursula von der Leyen concernant la politique sociale, mais si elle veut gagner leur confiance, elle va devoir faire ses preuves.

« En ce qui concerne la politique sociale, nous avons reçu des propositions ambitieuses de la part d’Ursula von der Leyen, mais si elle veut gagner la confiance des citoyens et des travailleurs européens, elle va devoir faire ses preuves », a souligné Oliver Röpke, président du groupe des travailleurs du Comité économique et social européen.

De plus, Oliver Röpke a invité la présidence de la Commission européenne à passer des paroles aux actes et lui a également demandé de former une alliance avec les partenaires sociaux.

Aux yeux de ce dernier, le socle européen pour les droits sociaux est la « grande réussite de la Commission Juncker », et il a encouragé la présidente nouvellement élue à s’appuyer sur ses fondements.

« Bien entendu, nous aurions préféré qu’il soit plus ambitieux », a admis Oliver Röpke avant de souligner « qu’il s’agit d’un progrès significatif ».

« Ce que nous voyons désormais en ce qui concerne la nouvelle Commission, c’est que ce socle peut non seulement servir de boussole, mais également de base pour un programme d’action sociale », a-t-il soutenu, « et c’est exactement ce dont nous avons besoin ».

 Un budget plus social pour une Europe plus sociale

Le groupe des travailleurs du CESE plaident pour une intégration du socle social dans la réforme en cours de l’Union économique et monétaire. Comme les autres avant eux, ils souhaitent que la dimension sociale soit plus fortement ancrée dans la politique économique et fiscale de l’UE.

Un rapport, réclamé par le groupe, propose d’augmenter les allocations au Fonds social européen et de l’exclure de la conditionnalité macroéconomique, qui rend l’octroi des fonds structurels dépendants du respect des règles européennes de gouvernance économique.

« Nous devons inclure plus d’aspects sociaux dans la politique économique et dans le cadre financier pluriannuel. Je pense que cela dépasse le cadre du débat », soutient le président du groupe des travailleurs.

Le rapport indique aussi la nécessité de créer un Système européen pour l’emploi — point qui a été soutenu par Ursula von der Leyen — et d’œuvrer pour une réforme du pacte de stabilité et de croissance et y inclure des procédures pour lutter contre les déséquilibres sociaux.

Le groupe des travailleurs du CESE désire également un mécanisme de stabilisation au sein du budget de la zone euro, qui parait toutefois mort politiquement.

D’après Oliver Röpke, utiliser la souplesse que permettent les règles fiscales de l’UE, comme annoncé par Ursula von der Leyen, est un pas en avant, mais ce n’est pas suffisant.

« Nous sommes toujours d’avis qu’il faut réformer le pacte de stabilité et de croissance », a-t-il affirmé, tout en défendant la nécessité d’accroître les investissements publics, en particulier ceux liés à la politique sociale. En ce sens, il est nécessaire de tenir les États membres responsables de leurs prestations sociales.

Un défi pour Ursula von der Leyen

D’après le président du groupe des travailleurs du CESE, il faut suivre des instructions pour mettre en œuvre le pilier social. Cependant, comme la plupart des politiques sociales restent une compétence nationale, cela a toujours été un problème.

« Je pense que nous avons besoin de plus de convergence sociale — convergence que nous ne pouvons pas atteindre sans normes minimales en matière de politique et protection sociale », a affirmé Oliver Röpke.

Selon lui, « il n’y a pas de changement fondamental dans le mandat récent de la Commission. Si vous regardez la directive sur le détachement de travailleurs, nous avons rencontré tant de résistance… et cela va certainement se reproduire ». « Mais nous ne pouvons pas attendre le pays le plus lent, nous devons aller de l’avant ».

« Si vous parlez de plus d’équité sociale, si vous parlez de structures de négociation collective plus fortes dans les États membres, et c’est là une revendication clé des syndicats et du groupe des travailleurs, alors vous parlerez en même temps de salaires minimums convenables dans les États membres », a déclaré Oliver Röpke.

« Je suis sûr que certaines des propositions trouveront un soutien, même peut-être dans des pays qui ne sont pas toujours pour plus d’intégration », a-t-il conclu.

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