2022 : Marine Le Pen veut remplacer les Gafam par des géants français ou européens

« Les géants de la Big Tech ne s'imposent pas seulement en tant que force financière, économique, technologique, mais aussi en tant que force morale et politique entrant en concurrence directe avec nos États », estime la candidate du Rassemblement national pour la présidentielle. [CAROLINE BLUMBERG/EPA]

Marine Le Pen veut « réduire l’emprise des Gafam » et envisage même de les « démanteler » afin de favoriser l’émergence de géants français ou européens du numérique, dit-elle dans un entretien au Point en ligne vendredi (5 novembre).

« Les géants de la Big Tech ne s’imposent pas seulement en tant que force financière, économique, technologique, mais aussi en tant que force morale et politique entrant en concurrence directe avec nos États », estime la candidate du Rassemblement national pour la présidentielle.

« Nous n’hésiterons donc pas à les démanteler, s’il existe des acteurs européens capables de les remplacer, ou si ce démantèlement peut permettre leur déploiement », anticipe la candidate qui envisage « tout un arsenal de méthodes, plus ou moins dures, pour réduire l’emprise des Gafam », acronyme des géants américains du web (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) qui dominent le marché mondial du numérique.

Mme Le Pen juge « possible » d’imposer aux Gafam « des contraintes légales exceptionnelles en raison de leur hégémonie », « de les obliger à conserver et à traiter les données des Européens en Europe », « d’envisager une ouverture contrainte de capital à des sociétés européennes des Gafam voulant exercer en Europe » ou encore d’ « obliger les maisons mères dont des filiales exercent en Europe à rompre le lien hiérarchique qui les unit, afin que ces filiales européennes deviennent des sociétés indépendantes ».

« Notre seul et unique objectif doit donc être la création de géants français et/ou européens, capables de les remplacer en Europe et de les concurrencer sur la scène mondiale », estime encore Mme Le Pen qui appelle également à « être vigilants vis-à-vis des géants du numérique chinois » en prenant pour exemple le bras de fer initié par l’ex-président américain Donald Trump vis-à-vis du réseau TikTok.

Parmi les autres candidats déclarés interrogés par Le Point, Xavier Bertrand, qui brigue l’investiture des Républicains, estime aussi que « les moyens existent » pour mettre fin au monopole des Big Tech, « qui peuvent aller jusqu’au démantèlement ».

Sa rivale à droite Valérie Pécresse juge, elle, que « c’est à la France et à l’Europe de créer leurs propres remparts en développant une offre crédible » et que « l’Etat lui-même doit se réarmer » via notamment la « création d’une école nationale du numérique ».

Jean-Luc Mélenchon (LFI) envisage lui une « gouvernance mondiale d’Internet », qui « pourrait passer par une agence dédiée au sein de l’ONU », afin de garantir à la fois « la souveraineté numérique des États » et la protection des libertés individuelles.

Les opérateurs français devront être plus transparents sur leur empreinte carbone

Le Sénat a définitivement adopté mardi (2 novembre) la loi portant sur la réduction de l’empreinte environnementale du numérique. Le texte prévoit notamment d’obliger les opérateurs de télécommunications français à rendre public ce qu’ils mettent en œuvre à cette fin.

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