Facebook lance un système d’alerte-infox sur le coronavirus

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, au salon annuel Viva Technology en 2018. [EPA-EFE/ETIENNE LAURENT]

Sous la pression des activistes, Facebook, le géant des réseaux sociaux, a annoncé établir un système d’alerte qui avertira les utilisateurs lorsqu’ils consultent de fausses informations sur la pandémie.

Jeudi 16 avril, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a indiqué sur sa page que la plateforme allait « commencer à diffuser des messages dans le fil d’actualité des personnes ayant précédemment consulté de fausses informations dangereuses liées au COVID-19 ». Ces fake news ‘ont depuis été supprimées et remplacées par des informations pertinentes’.

Le vice-président chargé de l’intégrité du réseau social, Guy Rosen, a par la suite précisé que les messages d’alerte seraient envoyés aux utilisateurs qui ont aimé ou commenté des publications contenant des informations erronées.

« Ces messages renverront les utilisateurs à la page de l’Organisation mondiale de la santé (OMC) sur les idées reçues sur le COVID-19 — cela inclut aussi [les articles] supprimés de notre plateforme parce qu’ils présentaient un risque imminent de dommages corporels », a-t-il indiqué.

« Nous voulons mettre la population susceptible d’avoir lu de fausses informations dangereuses sur le virus en lien avec la vérité émanant de sources faisant autorité, au cas où ils liraient ou entendraient à nouveau ces propos fallacieux sur Facebook ».

D’après le géant du Web, les messages apparaîtront « dans les semaines qui viennent ».

Les activistes en veulent plus

Les militants saluent la démarche, mais jugent que l’entreprise pourrait déployer davantage d’efforts dans la lutte contre les fake news.

« C’est une initiative positive de la part de Facebook, mais elle pourrait aller plus loin », a indiqué Christoph Schott, le directeur des campagnes du mouvement de pétitions citoyennes Avaaz, à Euractiv. « Nous aimerions voir Facebook envoyer des alertes aux personnes qui ont peut-être vu des exemples de désinformation sur la plateforme, pas seulement à celles qui y ont réagi ».

L’idée de Facebook fait suite à une enquête d’Avaaz, qui révèle que des millions d’utilisateurs de la plateforme auraient été victimes de l’infodémie sans le savoir.

Les chercheurs du mouvement citoyen ont collecté plus de cent articles dans six langues différentes contenant de fausses informations. Au total, ont calculé les experts, ces publications ont été partagées 1,7 million de fois et lues par 117 millions de personnes dans toutes les langues — et le nombre d’avertissements émis ultérieurement varie en fonction de la langue.

Interpol: « Soyez vigilants, sceptiques, et protégez vos ordinateurs »

Le secrétaire général d’Interpol, Jürgen Stock, appelle la population à être vigilante, comme les cybercriminels tirent parti de l’utilisation accrue d’Internet pendant le confinement et du climat de peur que fait régner la pandémie. Une interview de notre partenaire, Euroefe.

L’étude a aussi démontré que la plateforme pouvait prendre « jusqu’à 22 jours pour publier une mise en garde en cas de désinformation sur le coronavirus, et [intervenait] avec un retard considérable, même quand le contenu dangereux avait été rapidement signalé par des partenaires de Facebook ».

D’autres recherches dirigées par Avaaz et effectuées par l’Université George Washington ainsi que l’Université de l’Ohio suggèrent que la « révision » a posteriori d’exemples de désinformation pourrait pratiquement réduire de moitié la croyance dans les idées reçues.

« Nous recommandons vivement aux plateformes de penser plus sérieusement à cette politique de “rectification des faits” », soutient Christoph Schott.

Vers une future réglementation européenne ?

Parallèlement, lors d’une téléconférence avec les membres de la commission du marché intérieur du Parlement européen, le commissaire à la justice, Didier Reynders, a affirmé que la gestion de la désinformation en ligne par les autorités a gagné en importance dans le contexte de la crise sanitaire actuelle.

« Pendant la crise, nous devons continuer à travailler avec les [réseaux sociaux], en leur demandant de retirer les nombreux messages publiés sur les différentes plateformes », a-t-il déclaré.

« Mais nous devons ensuite nous pencher sur une réglementation, parce que c’est à peu près tout ce qui est en notre pouvoir en ce moment, et nous devons aller au-delà de la simple démarche volontaire avec les différents acteurs ».

À en juger par la volonté de la Commission de remédier rapidement au problème de la désinformation en ligne, des mesures réglementaires en la matière pourraient être prises dans le cadre du plan d’action de l’UE en faveur des droits de l’homme et de la démocratie, censé être présenté fin de cette année. La législation sur les services numériques, dans laquelle la désinformation pourrait faire l’objet de nouvelles restrictions, n’entrera quant à elle sans doute pas en vigueur avant 2021.

Le 27 mars, Věra Jourová, la vice-présidente chargée des valeurs et de la transparence à la Commission, s’est entretenue pour la deuxième fois depuis le début de la pandémie avec Facebook, Twitter, Google, Microsoft, Mozilla et l’association EDiMA, qui regroupe les principales plateformes en ligne en Europe.

Les entreprises technologiques avaient alors assuré à la vice-présidente avoir commencé à promouvoir activement les informations sur le coronavirus émanant de sources faisant autorité. Ils s’étaient également engagés à donner moins de visibilité au contenu dangereux sur le sujet ou à le supprimer.

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