Les pays qui visent la neutralité carbone pèsent 49 % du PIB mondial

Une nouvelle étude révèle que les pays, régions et villes qui poursuivent un objectif de neutralité carbone génèrent près de la moitié du PIB annuel mondial. Un article de notre partenaire, edie.net.

La dernière analyse d’Energy and Climate Intelligence Unit (ECIU), un groupe de réflexion londonien, montre que les régions se sont engagées à atteindre la neutralité carbone ou prévoient de le faire contribuent au PIB mondial à hauteur de 49 %, soit plus de 39 mille milliards d’euros.

Au total, 121 États ont pris des mesures pour atteindre la neutralité carbone dans un laps de temps conforme aux appels lancés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans son rapport historique de 2018.

D’après le rapport spécial du GIEC, la température mondiale a déjà augmenté de 1 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Une hausse de 2 °C augmenterait les risques de sécheresse, d’inondations, de températures extrêmes et la pauvreté, et ce pour des centaines de millions de gens. Le rapport prévoit que si le monde parvient à devenir neutre en carbone d’ici à 2047, les objectifs les plus ambitieux de l’accord de Paris auront 66 % de chances d’être réalisés.

Richard Black, le directeur du GIEC, souligne à quel point « il est extraordinaire [de voir] qu’à peine 18 mois après [la publication] du rapport — qui explique scientifiquement comment atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 —, les pays, régions et villes qui génèrent près de la moitié du PIB mondial se sont fixé des objectifs compatibles ».

Bruxelles va publier la liste des pays à la traîne sur le climat

Seule la moitié des États membres de l’UE ont déposé leurs plans nationaux intégrés en matière d’énergie et de climat à la Commission européenne à la date prévue, soit le 1er janvier 2020. Bruxelles devrait bientôt en publier une liste.

« La plupart de ces objectifs ne sont que cela, des objectifs — et pourtant, ils montrent à quelle vitesse les législateurs comprennent [les concepts] scientifiques et, dans le cas des villes et des régions, [que celle-ci] décident d’agir d’elles-mêmes quand les gouvernements nationaux ne le font pas ».

Dans une analyse menée il y a tout juste neuf mois, le GIEC avait démontré que les 15 États et régions qui avaient alors pour ambition de neutraliser leurs émissions de carbone d’ici à 2050 contribuaient au PIB mondial à hauteur de 16 %. En décembre 2019, ce chiffre s’élevait à 40 %.

Peu après la publication de cette analyse, le parlement britannique a déclaré l’urgence climatique et Theresa May a lancé un projet de loi sur la neutralité carbone, l’une de ses dernières annonces politiques avant sa démission. À l’instar du Royaume-Uni, l’Allemagne, la Californie et Tokyo figurent parmi les régions au PIB le plus élevé qui ont adopté ou sont sur le point d’adopter une législation sur la neutralité carbone.

Le GIEC appelle le Royaume-Uni à garantir la « carboneutralité » de la COP26. Cette conférence sur le climat rassemblera des membres de la société civile, des universitaires, le secteur privé et le secteur financier afin d’étendre l’application des objectifs de neutralité carbone et d’augmenter la croissance des économies neutres en carbone.

Quelques jours avant la publication du rapport, Sadiq Khan, le maire de Londres, réaffirmait vouloir investir 50 millions de livres dans un « Green New Deal » pour la capitale anglaise. Cette initiative s’inscrit dans la volonté britannique de rendre Londres neutre en carbone d’ici à 2030.

Le Green deal européen ne profitera pas à tous les pays

Le vaste plan climat de l’Europe prévoit un fonds européen pour une transition juste, qui doit soutenir les régions économiquement très dépendantes des énergies fossiles. Mais il ne profitera pas à tous les Etats membres.

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