5G, attention danger sanitaire ?

EPA-EFE/Enric Fontcuberta

Les effets sanitaires des ondes de la future 5G, qui sera déployée en France en fin d’année, demeurent peu connus, observe l’Anses dans un rapport préliminaire rendu public lundi 27 janvier. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Vendredi 24 janvier, les associations Agir pour l’environnement et Priartém ont annoncé le dépôt d’un recours devant le Conseil d’Etat contre le déploiement de la 5G, prévu pour la fin de l’année, et mené selon elles sans évaluation préalable des effets sanitaires et environnementaux.

Le rapport préliminaire publié lundi 27 janvier par l’Anses semble leur donner raison. Dans ce document, dont la version finale est attendue au 1er trimestre 2021, l’agence reconnaît « un manque important, voire une absence » de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires liés à l’exposition aux fréquences autour de 3,5 GHz [gigahertz], bande de fréquences de la future téléphonie mobile 5 G.

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Pas de recherche spécifique sur cette gamme

« Ceci peut naturellement s’expliquer par le fait qu’en l’absence d’exploitation importante jusqu’à présent de cette bande, aucune recherche spécifique sur les effets potentiels de l’exposition n’a jusqu’alors été menée », avance l’Anses.

L’agence, qui ne livre pas d’analyse dans ce rapport préliminaire, ne recense que quatre études sur les effets biologiques et sanitaires éventuels pour la bande 3,4-3,8 GHz : la première sur des souches de bactéries Salmonelle et des embryons de drosophiles, la deuxième des militaires exposés à des radars (entre 1 et 10 GHz), la troisième sur le système reproducteur de rats mâles, la quatrième sur des employés de l’ambassade américaine à Moscou, exposés à des rayonnements micro-ondes de 2,5 à 4 GHz au cours de la Guerre froide.

Une extrapolation à partir de moindres fréquences

Face à ce manque criant de données, le comité d’experts de l’Anses va évaluer la possibilité d’extrapoler les effets sanitaires de la 5 G à partir des données sanitaires liées aux radiofréquences comprises entre de 8,3 kHz à 2,45 GHz, actuellement utilisées pour la téléphonie mobile et le Wifi.

Cette gamme est en effet celle étudiée lors de précédentes expertises de l’Anses (2009, 20132016). Parmi les effets retrouvés, un risque accru de neurinome et de gliome chez les utilisateurs intensifs de téléphones portables (« avec des éléments de preuve limités », note l’Anses). Ou encore « des effets possibles sur les fonctions cognitives d’une part et le bien-être d’autre part (ces derniers pourraient cependant être liés à l’usage des téléphones mobiles plutôt qu’aux radiofréquences qu’ils émettent) », ajoute l’agence.

L’Anses a en revanche identifié 174 études sur la bande de fréquences 24 GHz-60 GHz. Celle-ci, en particulier autour de 26 GHz, concernera les objets connectés, avec de nombreuses applications possibles en médecine, dans le transport et dans l’industrie, qui devraient connaître leur essor au cours des prochaines années.

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