5G : une nouvelle étude déplore le manque de recherche sur les fréquences les plus hautes

L’étude sur les conséquences sanitaires s’est particulièrement penchée sur les risques de cancers ou liés à la reproduction et au développement chez l’Homme. [Utsman Media/Unsplash]

Le Panel pour l’avenir de la science et de la technologie du Parlement européen a dévoilé hier les conclusions de ses études sur l’impact sanitaire et environnemental de la 5G. Si cette étude bibliographique reprend les risques identifiés pour les fréquences déjà utilisées avant la 5G, elle pointe surtout du doigt le manque de littérature scientifique à propos des nouvelles fréquences.

« Ce que je retiens, c’est que la technique va plus vite que la science », a estimé l’une des eurodéputés à l’initiative de ces études d’impact, Michèle Rivasi (Les Verts), alors que le Panel pour l’avenir de la science et de la technologie (STOA pour « Science and Technology Options Assessment ») en présentait hier (31 mai) les résultats.

Cet organe consultatif scientifique de l’UE avait commandé deux études : une première sur l’impact de la 5G sur la santé et une deuxième sur l’environnement.

Ces études bibliographiques — qui font le point sur l’état actuel de la littérature scientifique — ont divisé leurs recherches en deux parties. Il s’agissait d’abord d’évaluer les risques pour les fréquences de 700 MHz et 3,6 GHz, déjà utilisées par les réseaux de générations précédentes, mais aussi les risques pour les fréquences de 26 GHz, sur lesquelles doit en partie fonctionner le réseau 5G et qui sont inédites pour un tel usage.

L’étude sur les conséquences sanitaires s’est particulièrement penchée sur les risques de cancers ou liés à la reproduction et au développement chez l’Homme.

Pour les fréquences plus basses, l’étude reprend les conclusions du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) qui considère que l’exposition à celles-ci est « peut-être » cancérogène pour l’Homme. L’étude a également fait état des « preuves limitées » sur les conséquences sur la reproduction et le développement chez l’Homme.

Néanmoins, l’étude déplore surtout qu’aucune étude adéquate n’ait été menée pour les fréquences supérieures à 24 GHz et qu’il est donc impossible d’évaluer les risques d’une exposition à long terme.

« Il faut absolument renforcer les études sur ce type de fréquences », a appelé de ses vœux Mme Rivasi. L’eurodéputée a également accusé la Commission européenne de ne pas respecter la législation publique face à l’absence d’études d’impact sur ces fréquences en particulier. « Il faut être hyper prudent par rapport au développement de cette technologie », a-t-elle insisté.

L’étude sur l’impact environnemental, quant à elle, indique un manque de littérature portant sur les conséquences pour les non-vertébrés, mais qu’il est d’ores et déjà démontré que l’exposition aux fréquences, quelles qu’elles soient, provoque un « échauffement » dans toutes les catégories étudiées — qui provoquera forcément des réponses biologiques de la faune et la flore.

Des députés français veulent un "moratoire" sur la 5G

Plusieurs amendements visant à poser des conditions au déploiement de la 5G en France et appelant à un « moratoire » ont été déposés à l’Assemblée nationale dans le cadre de l’examen en commission du projet de loi de lutte contre le dérèglement climatique.

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