90% des grandes banques européennes déjà sanctionnées pour blanchiment

Au cours du troisième trimestre 2018, le PIB corrigé des variations saisonnières a augmenté de 0,2% dans la zone euro (ZE19) et de 0,3 % dans l’UE28 par rapport au trimestre précédent. Au cours du deuxième trimestre 2018, le PIB avait progressé de 0,4 % dans la zone euro et de 0,5% dans l’UE28 souligne Eurostat. [Mike Dotta/Shutterstock]

Selon un rapport britannique, 18 des 20 principales banques européennes, dont 4 françaises, ont déjà été condamnées pour des infractions en matière de lutte contre le blanchiment au cours de la dernière décennie. Un article de notre partenaire, La Tribune.

L’énorme scandale qui a récemment ébranlé Danske Bank a mis un coup de projecteur sur les insuffisances de contrôle lié au blanchiment d’argent. Un problème qui n’est pas propre à la banque danoise mais touche l’ensemble du secteur bancaire européenne, à différentes échelles.

Ainsi, 18 des 20 plus grandes banques européennes, soit 90% d’entre elles, ont déjà été sanctionnées pour des infractions aux dispositifs de lutte anti-blanchiment, selon une étude de la société britannique Fortytwo Data, qui commercialise des solutions anti-blanchiment à base d’intelligence artificielle.

« Beaucoup de ces sanctions ont eu lieu ces dernières années, indiquant que le blanchiment d’argent est devenu courant », affirme l’entreprise dans un communiqué. « Les récentes crises qui ont affecté ING, Danske Bank et Deutsche Bank n’ont fait que renforcer cette impression et montrent qu’aucune banque, quelle que soit sa taille, n’est immunisée contre des sanctions. »

Cela peut tout aussi bien prouver que les régulateurs sont plus sévères ou effectuent des contrôles plus fréquents des mécanismes de vérification et d’alerte mis en place.

L’étude cite aussi, parmi les plus grandes banques européennes déjà condamnées pour des manquements à la lutte contre le blanchiment au cours des dix dernières années, l’espagnole Santander ou les britanniques HSBC, Barclays, Lloyds et RBS. Au Royaume-Uni, le blanchiment d’argent a atteint 171,6 milliards d’euros par an, selon les données de l’agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA).

Les ministres des finances veulent de nouvelles mesures anti-blanchiment

Le conseil Écofin a largement soutenu la proposition de la Commission de donner plus de pouvoirs à l’Autorité bancaire européenne pour enquêter sur de possibles cas de blanchiment d’argent dans l’UE.

Le quartet français déjà épinglé

Dans la liste, se trouvent également quatre grandes banques françaises, BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et BPCE (Banque Populaire Caisse d’Epargne). L’année dernière notamment, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a infligé à BNP Paribas une sanction de 10 millions d’euros pour des insuffisances importantes dans son dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, alors que Société Générale avait écopé d’une amende de 5 millions d’euros pour les mêmes raisons.

Dans son bilan annuel, Tracfin, la cellule de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, adossée à Bercy, a révélé être de plus en plus sollicitée dans la lutte contre l’argent sale pour l’année 2017, après avoir reçu près de 70 000 déclarations de soupçon (+10% sur un an et +59% par rapport à 2015). Le service de renseignement financier avait déjà enregistré une hausse sans précédent en 2016.

La difficile lutte contre le blanchiment d’argent en Europe

Malgré un renforcement des règles contre le blanchiment d’argent, les insuffisances demeurent nombreuses du côté des États membres, de la Banque centrale européenne et de la Commission.

Vers un gendarme européen anti-blanchiment

De nombreux scandales ont éclaté depuis le début de l’année, comme celui de Danske Bank (200 milliards d’euros de transactions suspectes au travers de sa filiale estonienne entre 2007 et 2015) ou l’affaire ING, qui a coûté son poste au directeur financier. Les ministres des finances de l’Union européenne ont donc décidé, début octobre, de renforcer les mesures contre le blanchiment, en confiant le rôle de gendarme anti-blanchiment européen à l’Autorité bancaire européenne.

Cette instance, fondée en 2010, va bientôt quitter Londres pour s’installer à Paris. À l’heure actuelle, aucune entité ne supervise l’harmonisation des règles en matière de lutte contre le blanchiment dans le secteur financier européen.

Blanchiment : l'Estonie se défend d'être la plaque tournante de l'Europe

Dans la foulée du scandale Danske Bank, la banque centrale estonienne a dû clarifier les chiffres circulant sur les transferts frontaliers opérés ces dix dernières années, s’élevant à environ 900 milliards d’euros. Un article de notre partenaire, La Tribune. 

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