À Mayotte, l’Europe aide les Mahorais à s’organiser contre la vie chère

La coopérative Macodis permet aux agriculteurs, artisans et commerçants de Mayotte de développer leurs activités. [Natacha Guégo Haas]

Au coeur de l’océan Indien, Mayotte figure sur la liste des régions les moins développées de l’UE. La politique de cohésion soutient le département français en encourageant production et commerce locaux.

27 euros le sac de 20 kilo de riz bio de qualité. Pour enrayer la pauvreté à Mayotte, la politique de cohésion va droit au but, en ciblant les produits de première nécessité, dont le riz, à la base de l’alimentation locale. Mayotte est le 101ème département depuis 2014, et 84% de sa population vit sous le seuil de pauvreté.

Jusqu’à maintenant, les deux acteurs majoritaires de la grande distribution proposaient un riz de médiocre qualité vendu plus de 30 euros le sac de 20kg. En créant sa propre filière d’importation en provenance du Cambodge sous sa propre marque, une nouvelle coopérative propose un riz bio de très bonne qualité à 27 euros.

Un projet pour enrayer la pauvreté

« En 2016, j’ai découvert une situation dramatique. Les deux grands acteurs abusent de leur situation ultra dominante pour paupériser l’offre et vendre à des prix exorbitants des produits exclusivement importés » raconte Christophe Girardier, à qui la préfecture avait confié une étude sur les raisons des coûts élevés de l’offre alimentaire.

En 2017, l’entrepreneur a lancé avec 13 petits commerçants une coopérative, la Macodis. Elle a créé sa propre filière d’importation et inventé un nouvel « écosystème » autour duquel gravitent les agriculteurs, artisans et commerçants locaux tout en restant indépendants.

Le CESE défend le budget de la politique de cohésion européenne

Le Conseil économique, social et environnemental s’oppose aux coupes budgétaires prévues par la Commission européenne pour la programmation 2021-27, dans un avis adopté à la quasi unanimité.

 

Les fonds européens pour développer un écosystème local

Le projet, financé par l’État, vient de passer le cap de sa première année d’exploitation avec un chiffre d’affaires de 1,5 million d’euros (et un chiffre d’affaires induit de 6,5 millions pour les commerçants partenaires). Afin de se développer, le projet a désormais recours aux fonds européens du Feder.

En portant un projet de 2 millions d’euros, Macodis veut intégrer plus de commerçants à la coopérative et tripler son chiffre d’affaires. Le projet prévoit de créer une filière de produits locaux transformés (jus de fruits, confitures) et décliner de nouvelles filières d’importation (huile, farine, sucre…).

Au total 88 projets bénéficient des fonds de cohésion à Mayotte pour un total de plus de 200 millions d’euros.

Mayotte en exemple

La plupart des régions ultrapériphériques (RUP) de l’UE sont confrontées au problème du coût de la vie. Le modèle de la Macodis pourrait être décliné tout en tenant compte des spécificités géographiques et culturelles de chaque territoire.

« Ne vous demandez pas ce que l’Europe peut faire pour vous, mais plutôt ce que vous pouvez apporter à l’Europe ».  C’est en paraphrasant le Pt américain J.F. Kennedy que Christophe Girardier a voulu expliquer aux participants du projet que Mayotte doit devenir un exemple pour les autres RUP, mais pourquoi pas, aussi, en Afrique. Terre européenne et africaine, Mayotte doit devenir le laboratoire de projets pour une nouvelle vision de la coopération entre l’Europe et l’Afrique.

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